mercredi 29 février 2012

Avis sur l'expo Jacques Villon au musée des Beaux-Arts d'Angers

Avis sur l'expo Jacques Villon au musée des Beaux-Arts d'Angers : est-elle à voir ou ne pas voir ?
A voir sans hésitation !

Précisons d'emblée que Jacques Villon est le frère de Marcel Duchamp pour remettre en contexte, comme ne manque pas de nous le préciser l'affiche "Jacques Villon né Gaston Duchamp". Ce peintre cubiste était connu et reconnu à son époque mais est aujourd'hui délaissé (sa dernière exposition a eu lieu au Grand Palais en 1075, 12 ans après sa mort), c'est donc l'occasion de découvrir son oeuvre personnelle et colorée.

L'exposition Jacques Villon nous permet de connaître ce peintre et est très agréable à visiter du fait de l'accrochage dans une grande salle dans lequel le parcours et structuré grâce à des pans de murs. J'ai trouvé que c'était une alternative originale à l'enchaînement de salle et de couloirs, qui donne une impression d'ouverture et d'espace relaxante.
Enfin, le musée de Beaux-Arts d'Angers est calme et le tarif d'entrée à l'exposition Jacques Villon est dérisoire : 3€.

Pourquoi Jacques Villon est-il un peintre un peu oublié ? Peut-être à cause de l'ombre de son frère Marcel Duchamp, référence du ready made, ou parce que sa vie a été simple et lisse, sans scandale ni névrose... C'est bien dommage !

Informations pratiques sur l'exposition Jacques Villon au musée des Beaux-Arts d'Angers :
Du 4 novembre 2011 au 1er avril 2012
Durée de visite moyenne : 30 min
Du mardi au dimanche de 10h à 18h
Tarif 3€ - Gratuit pour les - 26 ans

Quelques oeuvres de l'exposition Jacques Villon au musée des Beaux-Arts d'Angers :
Le long du bois, 1958

Portrait, 1914

Le cheval, 1914

L'espace, 1932

Constance Jacquot

dimanche 26 février 2012

Avis sur l'expo à la Pinacothèque "Expressionismus & Expressionismi"

Avis sur l'expo à la Pinacothèque "Expressionismus & Expressionismi" : est-elle à voir ou à ne pas voir ?
A ne pas voir, mais achetez le petit catalogue.

L'approche du mouvement est certes particulièrement intéressante puisqu'il est présenté grâce à deux courants distincts de l'expressionnisme allemand : DER BLAUE REITER vs BRÜCKE. Tout au long des sept thèmes développés dans les peintures, les deux courant sont présenté conjointement, et les caractéristiques de chacun sont mises en exergue dans les explications textuelles.

Au delà  de cette façon de présenter le mouvement, l'exposition "Expressionismus & Expressionismi" est une déception. Elle très courte, en sept petites thématiques, j'estime donc que le tarif à payer (de 8 à 10 €) et la queue à faire (même un lundi midi, j'ai attendu 10 minutes pour acheter mon billet) n'en valent pas la peine.
En revanche, je recommande vivement le téléchargement du dossier de presse de l'exposition de la Pinacothèque et l'achat petit guide l'exposition qui présente conjointement l'exposition Kremer pour 5 €. Le journal de l'exposition est également bien fait pour 4 €, mais son formet est moins pratique à conserver.

A mon sens, cette exposition de la Pinacothèque ne sera appréciée que par les plus connaisseurs de l'expressionnisme ou des peintres allemands du début du XXème siècle en général car un novice n'a pas la matière préalable à la bonne compréhension et appréciation des tableaux présentés parmi lesquels de nombreux affichent des couleurs et des formes inhabituelles, criardes et enfantines.

Quelques oeuvres parmi celles difficiles à comprendre :
Gabriele Münter, Paysage au mur blanc, 1910
Karl Schmidt-Rottluff, Début du printemps, 1911
Marianne Von Werefkin, La Grand' Route, 1907
Infos pratiques sur l'exposition "Expressionismus & Expressionismi" à la Pinacothèque :
Du 13 octobre 2011 au 11 mars 2012
Durée moyenne de la visite : 40 min
8, rue Vignon - 75008 Paris
Métro Madeleine
Plein tarif 10€ - Tarif réduit 8€

Constance Jacquot

jeudi 16 février 2012

Avis sur le film "Sport de filles" de Patricia Mazuy

Avis sur le film "Sport de filles" de Patricia Mazuy (2011) : est-il à voir ou à ne pas voir ?
A ne pas voir au cinéma (sauf avec votre bande de copains et copines cavaliers).

"Sport de filles" présente une facette de l'univers du commerce de chevaux de haut niveau et de la compétition international à travers l'histoire de Gracieuse, cavalière dans une écurie d'obstacle. Alors que le film s'ouvre sur une vente de chevaux de sport, qui met en avant la beauté de l'animal et des scènes d'affection entre la monture et sa cavalière, la rage de cette dernière est très rapidement exaltée (au bout de 3 minutes) lorsque que cette jument qui lui était promis est vendue.

La colère de Gracieuse, contenue ou exprimée, transpire dans chacune des scènes du film. La réalisatrice à chercher à démontrer sa résolution têtue, bornée, au péril de la loi et de la sécurité des chevaux, à montrer sa valeur et à obtenir son cheval personnel dans le but de l'emmener au sommet de l'art équestre, ce qui semble être la clé de son bonheur. Son comportement est irréaliste tant il est extrême, mais n'oublions pas que c'est du cinéma, dont le but est aussi d'exalter les sentiments.

A travers l'histoire, on découvre le monde du commerce des chevaux de dressage, dont les prix se comptent toujours en dizaines de milliers d'euros et peuvent monter jusqu'à des centaines. Au regard de mon expérience, cette représentation est juste, ainsi que les aspects du métier mis en avant : passion pour l'animal, exigence de la perfection et commerce à tout prix. D'un point de vue de la technique équestre, le film est également crédible (mais Gracieuse n'est pas une cavalière surdouée comme le disent tous les synopsis).


Si le film est juste d'un point de vue équestre, les péripéties très rythmées finissent par s'emballer et être confuses dans la dernière partie du film. Les personnages sont tous hystériques, malheureux ou aigris, et se débattent pour s'extirper de leur situation. Le scénario perd en crédibilité, un tel déchaînement de passions ne peut pas avoir lieu dans le domaine de la compétition de haut niveau de dressage. Cette rage est tout l'objet du film, certes, mais le dressage ne tolère pas ces débordements et tout professionnel arrivé à un tel niveau sait ravaler sa colère et garde toujours comme objectif prioritaire le bien-être et la réussite des chevaux.

A mon avis, "Sport de filles" sera apprécié par ceux qui apprécient l'animal sans forcément connaître le sport. Il n'est pas assez pointu pour les férus d'équitation et pas assez fédérateur pour le grand public.

Constance Jacquot