Affichage des articles dont le libellé est photographie. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est photographie. Afficher tous les articles

dimanche 11 mai 2014

L'exposition d'Henri Cartier-Bresson au Centre Pompidou : un siècle d'histoire en photographies

L'exposition d'Henri Cartier-Bresson au Centre Pompidou est sans conteste l'une des expo parisiennes immanquables de l'année.


Henri Cartier-Bresson (1908-2004) est un emblème de la photographie française. Il a traversé le XX° siècle et immortalisé de nombreux évènements marquants, sous un angle non-consensuel et en imposant son regard.

Beaucoup de public est accueilli dans cette expo à Beaubourg, ce qui gêne la visibilité des pièces de petit format à certaines heures. Heureusement, la gestion du flux de visiteurs est intelligente : le temps d'attente est indiqué à l'entrée du Centre Pompidou, la queue est minutée à l'entrée de l'exposition et on peut lire la biographie du photographe sur quelques mètres de mur en patientant. Et surtout, le musée est ouvert jusqu'à 23h, après 19h le week-end et 20h30 en semaine, la visite est très tranquille.

L'exposition est à la fois chronologique et thématique, et transmet la richesse de la vie de Cartier-Bresson et la variété de son travail. De son vivant, il supervisait ses expositions et uniformisait les tirages ; le choix des regroupements dans la scénographie de cette rétrospective casse cette unité. Les salles ne se ressemblent pas, j'ai particulièrement été touché par les photographies surréalistes et abstraites, et par celles des grands événements de l'histoire.

Le surréalisme dans les photographies d'Henri Cartier-Bresson


Henri Cartier-Bresson, Livourne, 1933

L'instant était décisif


Grâce à son ouverture intellectuelle, ses voyages et son attrait pour plusieurs disciplines créatives dès la jeunesse -avant de devenir photographe, il a touché en amateur à la peinture et au dessin-, il fréquente rapidement le milieu artistique dont les surréalistes.

Le surréalisme est subtil dans ces clichés : les corps sont déformés, le sujet du rêveur est récurrent, la déambulation et le jeu sont souvent représentés. Une série prend comme sujet des objets et personnes empaquetés et voilés, en créant le suspense, dans une espèce d'érotisme de l'objet. Il nous sensibilise à l'attitude et au hasard, valorisé comme une "magie circonstancielle", car en photographie le hasard est objectif car il constitue les arrière-plans.

Un autre point de vue sur l'actualité



Le couronnement de George VI le 12 mai 1937

Libération du camps de Dessau en 1945

Dans sa longue carrière, Henri Cartier-Bresson s'est impliqué dans une photographie sociale, visant à dénoncer les plus démunis. Son engagement est même politique : il est actif en 1936 dans l'Association des Ecrivains et Artistes Révolutionnaires, a travaillé pour le journal communiste Le Soir pour lequel il a fourni des clichés des premiers congés payés, a immortalisés les camps à la sortie de la seconde guerre mondiale, entre autres.
Ces photographies de presse et des grands événements m'ont semblé les plus intéressants, par exemple celles du couronnement de George VI en Angleterre sur lesquelles il choisit d'immortaliser le public plutôt que l'action elle-même et nous oriente notre regard différemment.


Les phrases pour faire genre-je-l'ai-vu-alors-qu'en-fait-non :


  • "Les tirages sont vraiment petits, va boire un verre chez Georges avant d'y aller, pas avant 21h30, sinon tu ne vois rien."
  • "Il a vraiment immortaliser des morceaux d'histoire qu'on n'apprend pas dans les livres, comme les premiers congés payés, avec des gens sur la plage, c'est passionnant."
  • "Cartier-Bresson tient de l'artistique et du reportage à le fois, quelle polyvalence et quel talent !"

Informations pratiques sur la rétrospective d'Henri Cartier-Bresson au Centre Pompidou :


Jusqu'au 9 juin 2014

Horaires : du mercredi au dimanche de 11h à 23h
Tarif : de 9€ à 13€, les prix des pass annuels commencent à 18€

Durée de visite : 1h15


Constance Jacquot



vendredi 24 janvier 2014

Brassaï clame son amour pour Paris à l’Hôtel de Ville

Brassaï l’a dit, il ne manque que 2 lettres à « Paris » pour devenir « Paradis ». Cette exposition gratuite prolongé jusqu’au 29 mars 2014 (tel est son succès !) par l’Hôtel de Ville de Paris est dédiée à la beauté et au(x) charme(s) de la capitale et des parisiens, à travers le talent du photographe qui lui a dévoué 50 ans de travail.

Le Baiser, 1936


L’exposition Brassaï nous éloigne des clichés en noir et blanc très intégrés à l’imagerie parisienne -escaliers menant à Montmartre, amoureux sur les quais, gargouille surveillant les toits, etc. Le photographe, arrivé à 25 ans de sa Roumanie natale, a immortalisé les quartiers, les métiers et la vie des parisiens à partir des années 30, nous laissant ainsi un témoignage indélébile de cette époque révolue.

Chaque cliché s’attache à un sujet dans un cadre étroit, aussi bien un parisien, que du mobilier urbain ou qu’une façade d’immeuble. Plutôt que de s’appuyer sur la beauté esthétique de Paris, Brassaï personnifie actions et sentiments dans ses personnages capté par son objectif ; même les grilles des parcs et rebords de fenêtre prennent vie.

La colonne Morris, 1933 et Le ruisseau qui serpente, 1931-32

Brassaï n’utilisait pas de lumière artificielle et attrapait dans l’instant la lumière juste, créée par le hasard des phares d’une voiture ou d’un lampadaire. Ses photographies de Paris de nuit sont caractérisées par cette méthode et par une atmosphère épaisse et brumeuse. Les sujets du Paris nocturne et bohème représentent souvent le mouvement et la notion de passage, immortalisant ainsi l’éphémère.

Allumeur de réverbère, 1933
Coulisses des Folies Bergères, 1933

L’exposition Brassaï présente également un pan de son œuvre méconnue du grand public autour des graffitis, qu’il a collectionné dès son arrivée à Paris sous forme de croquis puis de photos. Ces éléments ont servi de maquettes pour constituer une tapisserie en laine qui peut être vue comme une « galerie » de graffiti. Cette œuvre surprenante ouvre l’exposition et invite ainsi le visiteur à oublier ses préjugés sur Brassaï afin d’être prêt à admirer l’étendue de son talent.

Informations pratiques sur l’exposition Brassaï, Pour l’Amour de Paris :


Jusqu’au 29 mars 2014
A l’Hôtel de Ville de Paris, du lundi au samedi de 10h à 19h
Attention :  il faut prévoir 30 min de queue minimum pour entrer, même en semaine

Accès gratuit

Durée de la visite : 1h

Pour avoir un aperçu, la ville de Paris a édité une application Ipad/Iphone avec une trentaine de photos de l’exposition.

Constance Jacquot
Article publié sur Mother Shaker

mercredi 20 novembre 2013

Erwin Blumenfeld et ses photos de mode au Jeu de Paume

Le Jeu de Paume reçoit Erwin Blumenfeld, photographe de mode iconique des années 40 et 50, pour sa rétrospective la plus complète jamais exposée en France.

Avec une majorité de tirages d’époque, difficiles à rassembler pour cet artiste très côté sur le marché de l’art pour qui les numérisations et tirages modernes sont courants, le Jeu de Paume s’affirme une fois de plus comme un lieu de référence de la photo. Contrairement aux précédentes expositions plus difficiles à aborder, le Jeu de Paume propose ce photographe extrêmement connu et à l’esthétique accessible à tous.

Variante de The Picasso Girl, 1941

Erwin Blumenfeld a eu une vie très riches d’expériences et de découvertes. Né en 1897 et mort en 1969, il a connu toute l’évolution de la photographie, ainsi que les bouleversements historiques des guerres mondiales. L’exposition qui lui est consacré aujourd’hui présente surtout la variété de techniques et procédés qu’il a abordé. Contrairement à ce qui est écrit dans les documents autour de l’exposition, je trouve qu’on ressent assez peu l’impact de l’histoire sur son travail, à l’exception de son montage allégorique d’Hitler daté de 1933, Gueule de l’horreur ; il a toujours su mettre au profit de sa carrière ses émigrations successives.

Erwin Blumenfeld a marqué l’histoire par son travail en tant que photographe de mode pour le groupe de presse Condé Nast et particulièrement ses titres Vogue et Harper’s Bazaar. Ce style photographique peut paraître figé et aseptisé, plus « pratique » qu’artistique, et l’exposition permet justement de comprendre toute l’évolution et la réflexion artistique de ce type de photographe à travers l’exemple de la carrière de Blumenfeld, présenté ici chronologiquement.

L’exposition s’ouvre sur ses dessins et collages de jeunesse qui montre un fort attrait pour les dadaïstes. On découvre ensuite ses autoportraits, réalisés sur un ton récréatif, puis ses premiers nus et portraits, objets d’expérimentations de techniques et de procédés créatifs comme la solarisation (inversion des valeurs lumineuses sur une zone de l’image), la surimpression (superposition d’image), le photogramme (image photographique obtenu en plaçant des objets sur le film, puis à la lumière, c’est-à-dire sans appareil photo). Au-delà de la simple compréhension de l’artiste, l’exposition est aussi une source d’inspiration pour tous les artistes qui la visitent, à travers cette multitude de supports et de techniques.

Cecil Beaton, 1946 - Une solarisation d'Erwin Blumenfeld

Une salle, la plus inattendue, expose ses photographies d’architecture, très originales par les cadrages extrêmes et les contrastes exacerbés. Enfin, on voit évidemment les œuvres qui l’ont rendu célèbre, ses couvertures de magazine et autres photos de modes en noir et blanc, certaines en couleurs, dans un style minimaliste qui lui est particulier.

Mode-Montage vers 1950
Trois profils, 1952
Gueule de l'Horreur, 1933
The women serve, Harper’s Bazaar, 1943
Couverture Vogue, 1950

Aussi intéressante qu’elle soit, l’exposition Blumenfeld témoigne surtout d’une carrière et d’une maîtrise technique, qui peut laisser tout à fait froid ; j’ai ressenti peu d’émotion se dégager des clichés. De nombreuses photos sont de petits formats, et le lieu qu’est le Jeu de Paume, d’une neutralité sans aucun charme, ne les met pas spécialement en valeur, si visu-affbien que certains esprits pragmatiques affirmeront que l’exposition n’apporte pas de plus-value et que la lecture du catalogue est tout aussi intéressante (catalogue à 35 €, malheureusement le Jeu de Paume ne propose pas de petites publications plus digestes et abordables).

Néanmoins, le Jeu de Paume compte parmi l’un des quelques lieux d’exposition visitable sans réservation et sans foule en ce moment. Seulement 10 minutes d’attente un après-midi de week-end, et une circulation aisée dans les salles, une visite qui peut se faire dans le calme et la concentration, alors que les blockbusters du musée d’Orsay, du Grand Palais et de l’Orangerie sont absolument saturés.
D’autre part, le prix d’entrée est très raisonnable et des visites conférences, sans supplément de prix, sont proposés le mercredi et le samedi à 12h30.

Infos pratiques pour visiter l’exposition Erwin Blumenfeld au Jeu de Paume :


Jusqu’au 26 janvier 2014
Durée de visite : 45 minutes
Une application à télécharger vous guide dans la visite. Les dépliants disponibles sur place sont déjà longs et complets. Vous pouvez aussi consulter le dossier pédagogique, documenté et facile à comprendre.
Ouvert du mardi au dimanche de 11h à 19h, nocturne le mardi jusqu’à 21h
Tarif 8,5 € / TR 5,5 € (gratuit le dernier mardi du mois à partir de 17h pour les -26 ans et les étudiants)

Plus d’informations : Site du Jeu de Paume

Constance Jacquot
Article publié sur Mother Shaker

jeudi 24 octobre 2013

Arno Rafael Minkkinen : un photographe sans artifice

Je viens de découvrir le photographe américano-finlandais extraordinaire Arno Rafal Minkkinen. Il travaille en noir et blanc tout en évitant les mise en scène commune, avec la difficulté de l'autoportrait et sans aucune retouche ! L'image qu'on voit est exactement ce qui apparaissait dans son viseur. Une leçon de photographie.

Beach Pond, Connectinut - 1974

Two Birches - 2005

Buonconvento, Italy - 1998

Fosters Pond - 1990

1.1.2000 Fosters Pond Millennium - 2000

Site du photographe Arno Rafael Minkkinen