Affichage des articles dont le libellé est peinture. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est peinture. Afficher tous les articles

dimanche 11 mai 2014

Expo Van Gogh - Antonin Artaud : "le suicidé de la société"

Le musée d'Orsay propose au public un regard original sur l'oeuvre de Van Gogh dans cette exposition mise en scène selon le texte d'Antonin Artaud Van Gogh le suicidé de la société. Une exposition pointue et saturée de visiteurs, qui n'est pas un moment de plaisir et de détente.


Ces artistes ont tous deux été internés en psychiatrie dans leur jeunesse et Antonin Artaud, à la création tumultueuse, était bien placé pour écrire sur la lucidité et la conscience, et leur absence, dans la processus artistique.

L'exposition Van Gogh - Antonin Artaud donne un nouveau regard sur l'oeuvre très connue du peintre. On y contemple une quarantaine de tableaux, mais aussi des lettres, et des pièces consacrées aux dessins d'Antonin Artaud, que la plupart d'entre nous n'aurons certainement jamais vues. On y retrouve tout de même des œuvres phares telles que La Nuit étoilée, La Chambre de Van Gogh à Arles, et des autoportraits.

Van Gogh, La Nuit étoilée, 1888
Van Gogh, La Chambre de Van Gogh à Arles, 1889
Van Gogh, Portrait de l'artiste au chevalet, Paris, 1888
Le musée d'Orsay propose des croisements intéressants entre les deux œuvres et la mise en scène est réellement soignée et participe pleinement au parcours du visiteur. Cependant, l'exposition est très riche d'informations et nécessite beaucoup de concentration, ce qui n'est pas évident lorsqu'on piétine au milieu du flot très dense de visiteur ; en plus de la queue habituelle pour entrer dans le musée, on attend également à l'intérieur aux portes de l'exposition.

Que ce soit concernant Van Gogh ou Antonin Artaud, on comprendra surtout le sens de certaines œuvres, les évènements qui ont enclenché leur conception, le contexte de travail du peintre, et d'autres éléments complémentaires de notre connaissance de Van Gogh, notamment grâce des cartels généreux. Néanmoins, je n'ai trouvé aucune information complémentaire sur le site du musée, contrairement aux expositions précédentes.

Pour vous donner une idée de la précision de l'exposition, quelques exemples de concepts que j'ai pu retenir :

  • Le Fauteuil de Gauguin symbolise la tension entre les deux amis (Van Gogh et Gauguin), l'ombre violette symbolise leurs caractères opposés

Van Gogh, Le Fauteuil de Gauguin, 1888

  • Son psychiatre, le Dr Gachet, l'obligea à peindre jusqu'au bout malgré sa maladie. Passionné d'arts, il offrit à Van Gogh un confort matériel propice à la création. Le peintre, doutant de son professionnalisme, ne reste qu'un mois et demi chez lui, mais cette période reste mystérieuse. Les œuvres de cette époque, entachées par la réputation de faussaire que traîne le Dr Gachet, ont fait l'objet d'une exposition à Orsay en 1999.
  • Dans ses dessins, Antonin Artaud avait pour objectif de reconstituer l'unité corps-esprit détruite par la maladie et les électrochocs.

Informations pratiques sur l'exposition Van Gogh - Artaud au musée d'Orsay :


Jusqu'au 6 juillet 2014

Du mardi au dimanche de 9h30 à 18h (dernier accès billetterie à 17h), le jeudi jusqu'à 21h45
Je vous recommande vivement de venir à l'ouverture, quelque soit le jours de la semaine ; il y a beaucoup de monde à la nocturne. Réserver un billet coupe-file ne vous dispensera pas du monde dans l'expo.
Gratuit pour les 18-25 ans sans réservation, avec réservation : 11€-TR 8.5€

Durée de visite : 45min


Constance Jacquot


dimanche 10 novembre 2013

La fondation Miró de Barcelone, immersion complète dans l’univers de l’artiste

La fondation Miró de Barcelone est un espace d’exposition exceptionnel et impressionnera les passionnés de culture par son histoire et son ampleur.

Les amateurs de l’artiste ressortiront comblés, mais il nécessaire d’avoir des notions artistiques ou tout simplement une certaine ouverture d’esprit pour accepter et apprécier les œuvres de Miró lorsqu’on est novice, au risque de passer à côté de la beauté de ses œuvres et de n’y voir que des dessins puérils. Miró est l’un des plus grands artistes catalans et provoque des réactions fortes, soit on adore, soit on déteste, à la manière de la grande figure artistique de Barcelone, Gaudì.

La Fondation Miró ©Pere Pratdesaba

Miró s’est attaché tout au long de sa carrière à assurer la transmission de son travail et à conserver une importante collection personnelle, qu’il a centralisé dans cette fondation privée. Ouvert en 1975, alors qu’il n’y avait pas de centre d’art contemporain à Barcelone, cet établissement fait figure de pionnier et consacre depuis son espace d’exposition temporaire à un artiste vivant.

La fondation Miró de Barcelone est un voyage exhaustif dans son œuvre, de manière chronologique et thématique, qui complété par l’audio guide (5 €) permet de comprendre les étapes de son travail et de décrypter son œuvre.

Miró a travaillé plusieurs techniques, support et styles. De salle en salle sont présentés alternativement ses toiles, dessins, tissages, impressions, peintures, sculptures. Son œuvre appartient principalement à l’expressionnisme abstrait mais on découvre aussi quelques pièces figuratives. Cela représente une masse d’informations passionnantes mais difficile à ingérer en une seule visite (certains pourront reprocher le manque de synthèse du parcours), j’y suis restée 2h et je n’ai pas tout vu.

La visite est en tout cas très agréable car l’affluence est faible en basse saison (mais beaucoup plus importante en haute saison, m’a-t-on dit) et le bâtiment lui-même vaut d’être vu, pour son architecture originale et les sculptures disséminées sur les terrasses et dans les jardins. Situé sur le Montjuïc, colline à l’est de la ville sur laquelle équipements olympiques modernes côtoient des villes pierres, on y profite d’une imprenable vue sur Barcelone.

Personnage 1970
© Pere Pratdesaba
Le toit de la Fondation Miró
La Famille 1924
Peinture Figures Rythmiques 1934

Infos pratiques pour visiter la fondation Miró de Barcelone :


Durée de visite : de 1h à la journée pour les plus mordus !
11 € / TR 7 €, c’est cher mais ça les vaut vraiment ( l’entrée est inclus dans certains passion de la ville notamment le très bon Articket, 6 musées pour 30€)
De 10h à 19h sauf lundi (jusqu’à 20h l’été), nocturne jusqu’à 21h30 le jeudi, fermeture à 14h30 le dimanche.

Plus d’informations : Site de la fondation Miró

Constance Jacquot
Article publié sur Mother Shaker

samedi 21 septembre 2013

La rétrospective Roy Lichtenstein au Centre Pompidou

L'exposition Roy Lichtenstein au Centre Pompidou est à ne pas manquer : vous sortirez des sentiers battus en découvrant l’œuvre de ce peintre très connu du grand public dont les tableaux appartiennent à l'"imagerie collective".

Aucun excuse pour la rater, le Centre Pompidou est ouvert jusqu'à 23h !

Roy Lichtenstein est irrémédiablement associé, et à juste titre, à cela :
M-Maybe de Roy Lichtenstein, 1965
C'est là que vous vous dites "Mais oui, bien sûr, je connais". La réalité est que vous ne connaissez que la part iconique de sa carrière. L'exposition Roy Lichtenstein est en cela destiné à tous les publics, c'est la sortie culturelle agréable et facile pour tout le monde, qu'on soit amateur d'art ou non. Les pièces sont jolies, au sens esthétique commun, et compréhensibles. L'artiste a beaucoup parlé de son travail et les citations sont nombreuses sur les cartels ; ce procédé rend très vivante l'apprentissage des œuvres.

Le Centre Pompidou nous offre une rétrospective très bien structurée dans laquelle nous sommes guidées à travers les différentes périodes et thèmes, sans risque de nous perdre.

Des tableaux iconiques de Roy Lichtenstein


Oh, Jeff... I love you, too... But... - 1964
Au début de sa carrière, Lichtenstein peint du figuratif et du naïf, et se tourne vers l’expressionnisme abstrait. Il met rapidement en place le procédé qui le rendra célèbre : il utilise un sujet publicitaire ou tiré d'une BD, agrandit et recadre l'image pour la reproduire avec la texture industrielle et plate du format d'origine. Il assume cette fascination pour les couleurs criardes et les visuels commerciaux, ainsi que l'utilisation d’acrylique, peinture plutôt bas de gamme. Le motif des points est complètement volontaire pour rappeler le grain laissé par l'impression de mauvaise qualité.

Lichtenstein a appliqué ce processus créatif pour ces célibrissimes tableaux de femmes, tirées de l'imagerie collective de la jeunes femmes glamour et fragile débordante d'émotion vis-à-vis de son homme.


Aux peintures les moins connues


L'exposition du Centre Pompidou nous permet de découvrir par exemple la série des brushstrokes, qui représente des coups de pinceau agrandis, devenant ainsi sujet de l’œuvre, comme une hymne à la peinture.
Brushstrokes - 1965

Lichtenstein a, après la peinture, représenté l'art comme sujet, avec des réécritures d'oeuvres de Picasso, Mondiran, Matisse... Au-delà de ces séries, on trouve aussi beaucoup de référence à l'histoire de l'art dans ces tableaux, comme les vagues d'Hokusaï qui sont placées dans un paysage.
Drowning Girl - 1963 (la mer d'Hokusaï, non?)

Autre découverte intéressante de Lichtenstein : le nu féminin. Il applique son style extrêmement aseptisé pour représenter des femmes aux corps lisses et parfaits mais sans le moindre érotisme.

Lichtenstein a aussi été sculpteur


La grande découverte de cette expo sont pour moi les sculptures de Lichtenstein, des volumes ou des représentations 2D comme des peintures découpées, toujours en appliquant son trait, ses points sérigraphiés et ses couleurs ; la transposition est d'ailleurs étonnante.
Cup and saucer - 1977



Blonde - 1965
A chaque exposition, le Centre Pompidou propose un petit album pour 9€, encore une fois bien fait, synthétique et avec de larges visuels et un texte digeste.

Les phrases pour se la raconter :

  • "2/3 des oeuvres du Centre Pompidou sont inédites par rapport à l'exposition de la Tate"
  • "On apprend à décrypter ce peintre hyperpopulaire qu'on pensait connaître à tort."
  • "Il nous montre la force des images, et c'est une problématique qu'on a pas fini d'aborder" 

Infos pratiques sur l'exposition Roy Lichtenstein au Centre Pompidou :


Jusqu'au 4 novembre
La densité de visiteur est très correcte et la visite donc très agréable, le Centre Pompidou est ouvert jusqu'à 23h tous les soirs sauf le mardi
Durée de visite : 1h
13€, TR 10€ / 11€, TR 9€, selon période



Constance Jacquot



lundi 17 juin 2013

Keith Haring et son exposition "The Political Line" au musée d'Art Moderne de la ville de Paris

Keith Haring 1982 (il ne donnait pas de nom à ses
oeuvres pour ne pas influencer le spectateur)
Avis sur l'expo Keith Haring "The Political Line" au musée d'Art Moderne de la ville de Paris : est-elle à voir ou non ? OUIII !!! Visiter l'expo "The Political Line" est un grand moment de découverte et de compréhension artistique, et ce de façon totalement distincte du graphisme ou de la technicité de Keith Haring qui peuvent ne pas plaire.

J'étais loin d'être une fan acquise de Keith Haring. Je trouvais son dessin et son trait simpliste et son propos un peu facile. Et pourtant, "The Political Line" est l'une des expositions les plus passionnantes que j'ai jamais visité.



Les thèmes et la chronologie dans l'expo "The Political Line"

Dans "The Political Line", le MAM présente le travail de Keith Haring sous un aspect thématique puisque chaque salle est dédiée à un engagement politique de l'artiste, avec une certaine chronologie sous-jacente puisqu'évidamment ses préoccupations évoluèrent au long de sa vie. Ce "classement", soutenu par le panneau explicatif à l'entrée de la salle, facilite l'immersion du spectateur dans le message artistique. De plus, Keith Haring est un artiste très explicite et très franc, on est capable de lire ses peintures comme un livre ouvert. Il travaillait très vite, sans se repentir, sans pause, et ne laisse ainsi aucune place au superflu ni à l'ornemental, tant dans la forme que dans le fond.

Chaque icône, chaque geste, chaque répétition est porteur de sens. Il a créé son propre alphabet pour parler au monde. En plus de cette force conférée à ses messages, ses toiles interrogent notre vision de l'art et notre culture. Sa grande spontanéité suscite un doute sur l'achèvement de ses peintures et il revendique même la vente d'un travail qui n'est finalement jamais achevé, tout en renonçant au concept de "valeur" d'une oeuvre en choisissant des supports tels que des bâches plutôt que des toiles.
Sa technique de dessin est "simple" mais assumée, il opposait son style à celui de la Renaissance, où les artistes cherchaient à représenter le vivant, tandis que lui veut le créer par son trait, donnant ainsi un dynamisme et un mouvement perceptible à ses dessins, soutenu par les couleurs vives et franchement contrastées ainsi que par les sujets représentés : corps animés, êtres en transformation, animaux violents, foules enivrées...
Keith Haring 1981

Keith Haring 1985

Keith Haring 1981

Keith Haring 1984

Keith Haring est un artiste facile à comprendre

La satisfaction pour le visiteur de comprendre est immense (personnellement j'ai lu le dossier pédagogique avant la visite, qui convient également très bien aux adultes !) Ses messages n'ont pourtant rien de simplistes. Keith Haring a beaucoup exploité son esthétique qu'on a souvent vu sur divers objets, mais isolé sur une bâche, l'attention n'est pas détournée par le support et le message prend davantage de force. Evidemment, il dénonce le racisme et le capitalisme en masse, mais fait preuve d'une grande nuance dans sa critique de la religion. Il partage sa vision de l'évolution de la planète aux niveaux nucléaires et écologiques, et nous représente comme décisionnaires de ce futur. Il se montre également visionnaire dans sa représentation des médias et de leur incidence sur nos vies, notamment par le remplacement des têtes par des écrans. Il prônait également l'hégémonie de l'individu face à l'Etat et la masse et l'accès de l'art à tous, notamment par ses dessins dans le métro et sur divers batiments.
Keith Haring 1985

Keith Haring 1982





Avec cette dernière idée, l'exposition "The Political Line" nous présente ses actions concrètes pour amener l'art à tous : dessins dans le métro, peintures murales, etc... Ses "pop shops", magasins d'objets dérivés de son graphisme, peuvent aussi être considérés comme une volonté de sa part de diffuser l'art dans le quotidien de chacun.

Le MAM a fait des choix très judicieux en choisissant l'angle politique pour présenter Keith Haring et grâce à cette structure thématique. L'exposition est très agréable à visiter même lorsqu'il y a du monde, les pièces sont immenses et quasiment en continu, les supports mixés dans chaque salle pour avoir aussi bien des toiles aux murs que des objets au centre. De plus, les oeuvres sont de très grands formats, ce qui garantit au moins une bonne visibilité, au mieux une incroyable immersion.

Les phrases pour frimer :
  • "L'art naïf, c'est naze ou c'est génial. Keith Haring est absolument génial, ses traits simplistes prennent une telle profondeur."
  • "Tu peux comprendre Keith Haring comme tu lis un livre, grâce à ses icônes et symboles récurrents qui te racontent la toile."
Vous pouvez prendre des photos et le journal de l'exposition, qui fournit un bon support de visite et un souvenir de visite bien suffisant, ne coûte que 3€.

Information sur l'expo Keith Haring "The Political Line" au musée d'Art Moderne de la ville de Paris :
Jusqu'au 18 août 2013
Durée de visite : 40 min minimum, 1h suffit à prendre le temps de tout comprendre, et prévoir plus pour les acharnés qui veulent lire tous les hiéroglyphes
Tarifs : 11€ / 8€ / 5,5€ 
Du mardi au dimanche de 10h à 18h, le jeudi en nocturne jusqu'à 22h (=> à privilégier, c'était parfait)
Il y a encore beaucoup de monde le week-end (30m de queue à l'extérieur du MAM) mais les billets coupe-file semblent efficace il n'y avait que quelques personnes qui attendaient. 

jeudi 30 mai 2013

Un peintre : Walter Minus

Walter Minus est, en parallèle des ses activités d'illustrateur et dessinateur, un peintre à l'art complètement dévoué au corps de la femme. Il les représente fatales ou mutines, toujours sensuelles et dénudées, et donne vie à leurs formes grâce au cerné noir dynamique caractéristique de son style à la croisée de la BD et du pop art. Ses tableaux à l'acrylique sont beaux et faciles d'accès.
Dolores par Walter Minus





dimanche 21 avril 2013

Avis sur l'exposition "Chagall, entre guerre et paix" au musée du Luxembourg

Avis sur l'exposition "Chagall, entre guerre et paix" au musée du Luxembourg : est-elle à voir ou non ? Si vous ne connaissez pas Chagall, cette exposition est l'occasion parfaite pour découvrir les œuvres de ce peintre poétique et à part des courants du XXe siècle, et de comprendre les liens entre sa vie et son travail. Néanmoins, pour ceux qui connaissent au contraire le peintre, l'histoire racontée dans l'exposition vous sera déjà bien connue.

L'exposition "Chagall, entre guerre et paix" retrace la vie et l'oeuvre de l'artiste au rythme de la première et de la seconde guerre mondiale qui ont eu un impact d'autant plus profond qu'il était russe et juif.
Très attendue, elle accueille énormément de monde, j'ai quelques conseils de visite pour vous.

La première guerre mondiale 

 

Chagall, L'autoportrait aux 7 doigts, 1912
Tout commence à Paris vers 1910, où le jeune artiste rencontre plusieurs de ses pairs avant-gardiste et s'imprègne de quelques unes des formes cubistes et surréalistes qu'on retrouve dans ses peintures.

Il rentre quelques années plus tard en Russie dans son village natale de Vitebsk et épouse Bella. Leur amour et le bonheur qu'il partage est présent de façon récurrente dans les œuvres de Chagall : le couple plane souvent au-dessus du ou des sujets, j'ai toujours interprété cela comme le sentiment de protection et d'immuabilité que Chagall devait ressentir avec elle, et cette représentation touche évidemment beaucoup ma sensibilité romantique.
Durant la guerre, son travail -plutôt des dessins- est un témoignage de la vie quotidienne à Vitebsk, qui est une ville-garnison. Il montre également les rituels de la vie juive. Cette partie de l'exposition m'a permis de prendre conscience de tout un pan de l’œuvre de Chagall que ne connaissais pas, plus grave et très ancrée dans le réelle, mais tout aussi personnel que ces sujets oniriques présentés après.
Durant cette période, il traite aussi bien des sujets très sombres de la guerre que de son bonheur conjugal. C'est surprenant, choquant, et certainement beau, de voir comment le prisme de l'amour peut tout rendre acceptable.

L'entre-deux-guerres en France

 

A cette période, Chagall illustre notamment la Bible.  D'autre part, il utilise de plus en plus des images de rêves dans ses tableaux, sans pour autant avoir rien à voir avec les surréalistes, crée des êtres hybrides, des animaux de toutes les couleurs, et développe des symboles aux significations multiples, toujours avec l'image du couple planant au-dessus de cet univers.

L'exil aux Etats-Unis pendant la seconde guerre mondiale

 

Contraint de s'exiler, ses tableaux deviennent plus sombres. La représentation de la crucifixion devient récurrente.
En 1944, Bella décède, le traumatisme est tel que Chagall cesse de peindre un temps. S'en  suivent 2 années de deuil durant lesquelles il ne fait que de lui rendre hommage. En 1946, sa nouvelle compagne lui donne un fils et le thème du couple revient dans ses toiles, toujours avec le souvenir de Bella.
Chagall, Songe d'une nuit d'été, 1939


Chagall, Autour d'elle, 1944


L'après-guerre

 

De retour en France, Chagall s'installe à Vence. La joie et la couleur gagnent progressivement ses peinture, et le couple est toujours omniprésent grâce à sa nouvelle compagne en 1952.
Chagall, La Danse, 1950
Le musée du Luxembourg a réalisé un parcours détaillé de l'exposition en ligne très clair et accessible.

Avant toute visite, sachez que "Chagall, entre guerre et paix" est une exposition qui attire beaucoup de monde, le temps d'attente est proportionnel à son succès. J'y suis allée un dimanche midi, l'attente était de 2h pour les visiteurs sans billet. Vous pouvez acheter vos billets coupe-file en ligne ou prendre la carte Sésame + annuelle, qui est très rentable (par exemple, 22€ pour les - 26 ans).
Dans tous les cas, la circulation est difficile à l'intérieur du musée du Luxembourg. La scénographie a été bien pensée -pour une fois-, les salles sont plutôt spacieuses, mais il reste difficile de bien voir toutes les peintures avec la foule. Je préconise donc d'attendre mai-juin pour visiter l'exposition, et je ne suis pas la seule de cette avis, voici les prévisions de www.jaimeattendre.com, experts sur le sujet :
Ce tableau est issu du guide des expositions parisiennes sans attendre par "J'aime attendre" que vous pouvez télécharger intégralement et gratuitement
Informations pratiques sur l'exposition "Chagall, entre guerre et paix" au musée du Luxembourg :
Durée de visite : 40 minutes minimum si vous pouvez voir les tableaux
Tous les jours de 10h à 19h30 et le dimanche de 9h à 20h
Nocturne le lundi* et le vendredi jusqu’à 22h
Fermeture le mercredi 1er mai
(* sauf lundis fériés 1er avril et 20 mai, fermeture à 19h30)
Tarif : 11€ / TR : 7,5 € => Réservez vos billets !!

mercredi 6 mars 2013

Avis sur l'exposition "Yue Minjun, L'Ombre du Fou Rire" à la Fondation Cartier pour l'art contemporain

Avis sur l'exposition "Yue Minjun, L'Ombre du Fou Rire" à la Fondation Cartier pour l'art contemporain : est-elle à voir ou non ? Oui, une superbe découverte.

L'exposition présente plusieurs facettes de l'oeuvre de l'artiste chinois Yue Minjun. On peut distinguer 3 thématiques réparties entre le rez-de-chaussée et le sous-sol de la Fondation Cartier.
Non seulement l'expo est passionnante par son contenu, et de plus le lieu est toujours aussi agréable, avec une scénographie aérée et facile à suivre. La Fondation Cartier nous raconte une histoire au fil des pièces, soutenues par des explications sur papier et encore plus détaillées sur le site.



La répétition et l'absurdité

Le rez-de-chaussée de la Fondation Cartier expose des oeuvres des années 1990. L'autoportrait de Yue Minjun y est omniprésent, d'une peinture à l'autre mais aussi dans chaque composition, répété à l'infini. Il se représente avec un rire qui pousse la torsion de son visage jusqu'à la douleur et l'inhumain.
On imagine facilement que certaines situations tragiques vécues par ce personnage-artiste dans les toiles font référence à des extrémisme et autres aberrations du système chinois.
Les peintures de Yue Minjun sont finalement hyper subversives, avec un traité réaliste, des couleurs très vives, une esthétique que je trouve proche du kitsch ; le mélange est explosif, original et donne du poids au message de l'artiste.
The Execution, 1995

Les relectures d'oeuvres

Le sous-sol de la Fondation Cartier présente les références artistiques de Yue Minjun, à travers les relectures qu'il a fait de certaines oeuvres de la peinture occidentale : ils les détourne en remplaçant les personnages par son autoportrait au rire angoissant.

Yue Minjun a aussi réinterprété des images de l'époque socialiste (représentations, événements...) en effaçant les personnages, laissant les décors ainsi vides.
The Death of Marat, 2002

La destruction de son autoportait

Overlapping series, 2012
La petite salle au sous-sol de la Fondation Cartier contient des tableaux et dessins dans lesquels Yue Minjun a malmené son portrait en le déformant, le recouvrant, le griffonnant, en expérimentant des traités différents. J'ai trouvé cela assez perturbant et déprimant, un peu comme la défaite du rire de l'artiste face à toutes les absurdités et horreurs dénoncées dans ces toiles ; la fin de l'exposition sonne comme un échec.


Infos pratiques sur l'exposition "Yue Minjun, L'Ombre du Fou Rire" à la Fondation Cartier pour l'art contemporain :
Durée de la visite : de 30 min à 1h
Prolongations jusqu'au 24 mars
Horaires : tous les jours, sauf le lundi, de 11h à 20h, nocturne le mardi jusqu´à 22h
Tarif : 9,50 € / TR : 6,50 €

 Constance Jacquot

vendredi 11 janvier 2013

Avis sur l'expo Edward Hopper au Grand Palais

Avis sur l'expo Edward Hopper aux Galeries Nationales du Grand Palais : est-elle à voir ou non ? Comment dire... NE VOUS FAITES PAS AVOIR !!!

(C'est mon article coup de gueule, marre d'être prise pour un pigeon)

L'expo Edward Hopper a déjà accueilli 580 000 visiteurs, il y a foule à n'importe quelle heure et les médias sont dithyrambiques à son propos... MAIS POURQUOI ???


Je ne connaissais pas Edward Hopper, donc je ne me permettrai pas de juger son travail. Néanmoins, j'estime avoir vu suffisamment d'expositions et d'artistes pour avoir un avis, et je trouve l'enthousiasme autour de ce peintre excessif.


J'ai quand même apprécié le travail de Hopper et la rétrospective semble complète :

Il a beaucoup peint l'Amérique, la vie et les lieux quotidiens, et on ressent vraiment l'atmosphère et l'ambiance de la scène : peu de personnage, des décors magnifiés qui peuvent être un sujet à part entière. En tant que spectateur on intègre vraiment la peinture.
Edward Hopper a aussi passé beaucoup de temps à Paris et grâce à son traité picturale apporte un nouveau point de vue sur la ville qui vaut aussi d'être découvert.
Ses aquarelles sont vraiment très belles. Elles représentent bien souvent des paysages de petits villages, de littorales, avec un traité très précis, fin, qui en font des oeuvres très vives.
Une aquarelle : Second Story Sunlight

L'exposition montre également beaucoup d'artistes ayant influencé l'oeuvre de Hopper : Degas, Pissaro, Manet...


Les gros points négatifs de l'exposition Edward Hopper sont surtout du fait du Grand Palais.
La scénographie est inadaptée à l'affluence record (et évidemment qu'ils pouvaient le prévoir !) : les toiles sont trop rapprochées (1,50m) et certains salles sont beaucoup trop petites pour permettre une circulation aisée. D'autre part, il y a peu d'explications, aucun dépliant qui permettrai les garder, et les audioguides sont très chers mêmes lorsqu'on les télécharge : 3€ !
L'organisation des Galeries Nationales laisse aussi à désirer avec très peu de personnel dans l'exposition mais aussi tout simplement au vestiaire, avec seulement 3 personnes pour gérer groupes, dépôts et retraits (j'ai attendu plus longtemps pour le vestiaire que dehors (NB : j'ai un laisser-passer)).

Une belle initiative quand même : le Grand Palais a prolongé l'exposition Hopper pour faire face à ce succès pendant un week-end, durant lequel elle sera ouverte 24h/24.

Informations pratiques sur l'exposition Edward Hopper aux Galeries Nationales du Grand Palais
  • Jusqu'au 28 janvier :
    Lundi : 10h-20h
    Mardi : fermé
    Mercredi, jeudi, vendredi : 10h-22h
    Samedi, dimanche : 9h-22h 
  • Du 29 au 31 janvier : de 9h à 23h
  • Du 1er février 9h au 3 février 00h
12€, TR 8€. Pensez aussi à la carte Sésame au tarif annuel très intéressant
Audioguide : 5€, 3€ en téléchargement
Durée de visite : 45 - 60 min

dimanche 6 janvier 2013

Avis sur le musée Jean Cocteau à Menton

Avis sur le musée Jean Cocteau à Menton : est-il à voir ou non ? J'ai été déçue, à réserver plutôt aux inconditionnels de son théâtre et de son cinéma.

Le musée Cocteau est composé du Bastion, partie la plus ancienne qui abrite ses peintures et céramiques de l'artiste, autour du thème du couple, avec de nombreuses figues monstrueuses. C'est onirique et très coloré et m'a beaucoup plus, malheureusement peu d'oeuvres sont présentées.
Ce musée a été réalisé par Cocteau lui-même juste avant sa mort, il a notamment réalisé les mosaïque qui orne le bastion.



La partie récente du musée a ouvert en novembre 2011 grâce à la donation d'un collectionneur passionné de Cocteau, Séverin Wunderman. Sur les 1800 pièces données (dont 990 de Cocteau), 200 sont accrochées et tournent, dans un magnifique bâtiment dessiné par l'architecte Rudy Ricciotti. Ce design est pour moi l'attrait principal du musée, aussi étonnant de l'extérieur que de l'intérieur. Dans le décor assez traditionnel de Menton, surtout qu'il est situé en face du vieux marché couvert, il donne un coup de modernité de façon très esthétique. A l'intérieur, on voit le ciel bleu à travers les fissures des vitres dans le marbre.

La collection du musée Cocteau présente beaucoup d'oeuvres autour du cinéma et du théâtre : dessins, photos, extraits de film, dont beaucoup sont consacrées à Sarah Bernhardt et Jean Marais. J'ai été déçue de ne pas voir plus de travaux préparatoire de Cocteau, comme des croquis de décors ou de costumes, ainsi je pense que seront surtout intéressés les passionnés de cinéma.
La visite s'est donc fait rapidement pour moi, en 45 minutes, et j'ai trouvé le prix assez élevé : 6€ ou 3€ en TR. Au moins, c'est un espace d'exposition très calme (même pendant les vacances).

Informations pratique sur le musée Jean Cocteau à Menton
Ouvert de 10h à 18h, nocturnes en juillet et août le vendredi jusqu’à 22h

Constance Jacquot