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mercredi 16 juillet 2014

"Tatoueurs tatoués" au musée du quai Branly, l'expo à voir avec ou sans tatouage

Le musée du quai Branly propose jusqu'au 18 octobre l'expo Tatoueurs tatoués sur l'art du tatouage de part le monde, à travers une approche technique, historique, géographique et symbolique.

Le tatouage reste un art extrêmement introspectif sur lequel il ne me semble pas possible d'être exhaustif. C'est ce qui manque à cette exposition sinon très bien faite : le lien entre ce qui est encré et l'esprit n'est que très partiellement expliqué, la symbolique n'est abordé que très globalement. Les visiteurs tatoués/futur taoutés pourront peut-être (re)questionner le rapport du motif à leur propre corps.

L'expo Tatoueurs tatoués est très didactique, avec beaucoup à voir et à lire, dans une approche région par région et siècle par siècle de cette pratique millénaire mais éloignée de notre culture occidentale (en effet, le christianisme l'a longtemps utilisé comme marquage et signe d'exclusion). Les pionniers de chaque pays sont présentés en images avec leurs caractéristiques, plutôt propre à la culture du pays qu'à un graphisme personnel.

C'est un art qui a connu l'une des plus anciennes mondialisations, et la circulation des influences d'une partie du monde à l'autre est tangible au long de la visite. On sent nettement que les artistes les plus récents se libèrent de leurs influences ancestrales pour produire une oeuvre autonome et internationale.

Portraits de voyous, criminels et militaires tatoués



Encore inaccessible dans les années 70, le tatouage est une pratique artistique et de mode (1 français sur 10 est tatoués) avec ses courants et ses stars, très médiatisé mais peu reconnu en tant qu'art par le grand public. C'est toute la volonté de l'exposition qui présente le travail de tatoueurs contemporains de renommée internationale sur des mannequins en latex, et met ainsi en exergue toute la richesse de leur influence et la complexité de leur graphisme.


Les grands tatoueurs à travers les siècles


Machine à tatouer - Angleterre - fin des 50's

Les phrases pour se la péter sans même se déplacer :

  • C'est un signe fort d'avoir choisi un tatoueur reconnu comme Tin-Tin à la direction artistique de l'exposition, ça marque vraiment la volonté d'amener le tatouage vers une "institutionnalisation" (expression entendue en vernissage -true story) 
  • Cette exposition vient élever le niveau du débat autour du tatouage en tant qu'art et nous permet de mieux le comprendre pour mieux l'accepter.
Il paraît qu'il y a beaucoup de monde le week-end, mais en y étant allée durant l'un des 3 soirs de nocturne la visite est hyper calme.

Info pratiques sur l'exposition Tatoueurs Tatoués au musée du quai Branly :


Jusqu'au 18 octobre
Mardi, mercredi et dimanche de 11h à 19h ; Jeudi, vendredi et samedi de 11h à 21h
9 € / TR 7 € / Gratuit pour les - 25 ans

Durée de visite : 1h

La présentation très détaillée de l'exposition sur le site du musée du quai Branly

Constance Jacquot

jeudi 16 mai 2013

Avis sur l'exposition "Trésor du Saint-Sépulcre" au château de Versailles

Avis sur l'exposition "Trésor du Saint-Sépulcre" au château de Versailles : est-elle à voir ou non ? Oui, l'exposition est l'occasion idéale de retourner au château de Versailles pour apprécier des objets très beaux et rarement montrés dans une magnifique scénographie.

Le contexte de l'exposition "Trésor du Saint-Sépulcre"

La basilique du Saint-Sépulcre à Jérusalem abrite un trésor de présents offerts à travers les siècles (du XII° au XVIII° siècles) par les cours royales européennes. Ces pièces à l'exécution d'une qualité stupéfiante ont été religieusement conservées par les moines franciscains de la custodie de Jérusalem, et certains objets exposés serviraient encore...

Un cadre somptueux comme écrin 

Je dois avouer qu'en tant qu'amatrice d'art moderne et contemporain j'étais très septique quant à l'intérêt de cette exposition de ce qui ne me semblait être que des objets religieux, pourtant "Trésor du Saint-Sépulcre" compte parmi les plus belles surprises artistiques de ma vie.

Contrairement à ce à quoi nous a habitué le château de Versailles, les scénographie est subtile et élégante. Les salles des croisades dans lesquelles est présentée l'exposition sont absolument sublimes, tout en bois avec des blasons ciselés et peints sur les plafond. La pénombre est délicatement entretenue dans les pièces pour mettre en valeur par contraste la flamboyance des œuvres d'art exposées. Il est certain que ce décor contribue largement à la réussite de l'exposition.

Au-delà de cette atmosphère particulièrement agréable, les pièces présentées tiennent effectivement toutes du chef d’œuvre. Dentelles de métaux précieux finement ciselées, broderies qui sont véritablement des "peintures à l'aiguilles" par leur précision, velours luxueux, les techniques utilisées sont expliquées et témoignent d'un savoir-faire impressionnant. Nous sommes également éblouis par la richesse manifeste des présents brodés d'or et sertis de pierres précieuses.

Les offrandes sont d'une grande diversité et en prenant le temps de lire les cartels vous pourrez comprendre l'usage religieux de chaque objet et la signification et le but de chaque cadeau.

L'exposition "Trésor du Saint-Sépulcre" présente 250 pièces mais peut très bien être appréciée en 40 minutes. Un dépliant exhaustif constitue une véritable aide à la visite et un souvenir. Le château de Versailles accueille un flux de visiteur impressionnant mais l'exposition  n'est pas le lieu le plus prisé et garde une circulation aisée, également facilité par ses immenses pièces.

Infos pratiques de l'exposition "Trésor du Saint-Sépulcre" au château de Versailles :
Jusqu'au 14 juillet 2013
Temps de visite : 40 min mais une visite au château de Versailles nécessite des heures
Le Château est gratuit pour les -26 ans résidant en UE.
Tarif : 15 € - Jusqu'au 30 juin : à partir de 16h, l'entrée est à 6€, cela vous laisse 1h15 pour visiter l'exposition ce qui est bien suffisant.

Horaires de visite conseillés : Eviter les mardis et samedis et privilégier une visite du Château dès 9h ou après 15h.


Crédits images : http://www.misspandora.fr/salle-de-croisades/
https://www.facebook.com/chateauversailles



Constance Jacquot

dimanche 21 avril 2013

Avis sur l'exposition "Chagall, entre guerre et paix" au musée du Luxembourg

Avis sur l'exposition "Chagall, entre guerre et paix" au musée du Luxembourg : est-elle à voir ou non ? Si vous ne connaissez pas Chagall, cette exposition est l'occasion parfaite pour découvrir les œuvres de ce peintre poétique et à part des courants du XXe siècle, et de comprendre les liens entre sa vie et son travail. Néanmoins, pour ceux qui connaissent au contraire le peintre, l'histoire racontée dans l'exposition vous sera déjà bien connue.

L'exposition "Chagall, entre guerre et paix" retrace la vie et l'oeuvre de l'artiste au rythme de la première et de la seconde guerre mondiale qui ont eu un impact d'autant plus profond qu'il était russe et juif.
Très attendue, elle accueille énormément de monde, j'ai quelques conseils de visite pour vous.

La première guerre mondiale 

 

Chagall, L'autoportrait aux 7 doigts, 1912
Tout commence à Paris vers 1910, où le jeune artiste rencontre plusieurs de ses pairs avant-gardiste et s'imprègne de quelques unes des formes cubistes et surréalistes qu'on retrouve dans ses peintures.

Il rentre quelques années plus tard en Russie dans son village natale de Vitebsk et épouse Bella. Leur amour et le bonheur qu'il partage est présent de façon récurrente dans les œuvres de Chagall : le couple plane souvent au-dessus du ou des sujets, j'ai toujours interprété cela comme le sentiment de protection et d'immuabilité que Chagall devait ressentir avec elle, et cette représentation touche évidemment beaucoup ma sensibilité romantique.
Durant la guerre, son travail -plutôt des dessins- est un témoignage de la vie quotidienne à Vitebsk, qui est une ville-garnison. Il montre également les rituels de la vie juive. Cette partie de l'exposition m'a permis de prendre conscience de tout un pan de l’œuvre de Chagall que ne connaissais pas, plus grave et très ancrée dans le réelle, mais tout aussi personnel que ces sujets oniriques présentés après.
Durant cette période, il traite aussi bien des sujets très sombres de la guerre que de son bonheur conjugal. C'est surprenant, choquant, et certainement beau, de voir comment le prisme de l'amour peut tout rendre acceptable.

L'entre-deux-guerres en France

 

A cette période, Chagall illustre notamment la Bible.  D'autre part, il utilise de plus en plus des images de rêves dans ses tableaux, sans pour autant avoir rien à voir avec les surréalistes, crée des êtres hybrides, des animaux de toutes les couleurs, et développe des symboles aux significations multiples, toujours avec l'image du couple planant au-dessus de cet univers.

L'exil aux Etats-Unis pendant la seconde guerre mondiale

 

Contraint de s'exiler, ses tableaux deviennent plus sombres. La représentation de la crucifixion devient récurrente.
En 1944, Bella décède, le traumatisme est tel que Chagall cesse de peindre un temps. S'en  suivent 2 années de deuil durant lesquelles il ne fait que de lui rendre hommage. En 1946, sa nouvelle compagne lui donne un fils et le thème du couple revient dans ses toiles, toujours avec le souvenir de Bella.
Chagall, Songe d'une nuit d'été, 1939


Chagall, Autour d'elle, 1944


L'après-guerre

 

De retour en France, Chagall s'installe à Vence. La joie et la couleur gagnent progressivement ses peinture, et le couple est toujours omniprésent grâce à sa nouvelle compagne en 1952.
Chagall, La Danse, 1950
Le musée du Luxembourg a réalisé un parcours détaillé de l'exposition en ligne très clair et accessible.

Avant toute visite, sachez que "Chagall, entre guerre et paix" est une exposition qui attire beaucoup de monde, le temps d'attente est proportionnel à son succès. J'y suis allée un dimanche midi, l'attente était de 2h pour les visiteurs sans billet. Vous pouvez acheter vos billets coupe-file en ligne ou prendre la carte Sésame + annuelle, qui est très rentable (par exemple, 22€ pour les - 26 ans).
Dans tous les cas, la circulation est difficile à l'intérieur du musée du Luxembourg. La scénographie a été bien pensée -pour une fois-, les salles sont plutôt spacieuses, mais il reste difficile de bien voir toutes les peintures avec la foule. Je préconise donc d'attendre mai-juin pour visiter l'exposition, et je ne suis pas la seule de cette avis, voici les prévisions de www.jaimeattendre.com, experts sur le sujet :
Ce tableau est issu du guide des expositions parisiennes sans attendre par "J'aime attendre" que vous pouvez télécharger intégralement et gratuitement
Informations pratiques sur l'exposition "Chagall, entre guerre et paix" au musée du Luxembourg :
Durée de visite : 40 minutes minimum si vous pouvez voir les tableaux
Tous les jours de 10h à 19h30 et le dimanche de 9h à 20h
Nocturne le lundi* et le vendredi jusqu’à 22h
Fermeture le mercredi 1er mai
(* sauf lundis fériés 1er avril et 20 mai, fermeture à 19h30)
Tarif : 11€ / TR : 7,5 € => Réservez vos billets !!

vendredi 22 mars 2013

Avis sur l'expo "L'Ange du Bizarre" au musée d'Orsay

Avis sur l'expo "L'Ange du Bizarre" au musée d'Orsay : est-elle à voir ou non ? Oui et plusieurs fois, elle est à la fois touchante et passionnante.

La bande annonce de "L'Ange du bizarre, Le romantisme noir de Goya à Max Ernst", très décalée de l'image institutionnelle du musée d'Orsay, vaut le coup d'oeil :

Bande annonce de l'exposition Gérôme au musée d... par musee-orsay

Le romantisme noir est un courant artistique qui commence à la fin du XVIIIe siècle dans la littérature gothique anglaise et se prolonge jusqu'au début du XXe siècle avec le cinéma expressionniste. Les artistes utilisent un univers sombre et onirique pour poser les questions de pérennité de la morale, des moeurs et de la religion. Leurs craintes personnelles et celles propres au XIXe siècle, la peur de l'avenir, se comprennent assez facilement, même pour une amateur comme moi, dans les scènes dantesques, les monstres et autres personnages torturés, si bien qu'on s'attribue ce ressenti. Le romantisme noir peut être vécu de façon très personnelle.

J'ai visité "L'Ange du bizarre, Le romantisme noir de Goya à Max Ernst" un jeudi soir en imaginant que c'était une brillante idée... Grosse méprise, car le musée d'Orsay était plein à craquer. J'ai attendu 15-20 minutes avant de pénétrer dans le bâtiment, je n'ai pas eu à faire la queue au caisse grâce à la gratuité pour les 18-25 ans (et oui, même sur une exposition temporaire ; le musée d'Orsay m'énerve à rester arc-bouté sur la position d'interdire la photo, mais j'avoue que cette gratuité très encourageante me le ferait oublier) mais vu le "troupeau" qui attendait devant les caisses, dans un certain chaos, là encore il y avait bien 15 minutes à patienter pour acheter son billet.

Une fois entrée dans l'exposition, je remarque qu'il n'y a plus de guide de visite. Je suis allée en récupérer un au bureau d'informations (l'exposition se tient dans la galerie à gauche, et ce point d'infos est de l'autre côté à droite). Je me suis donnée de la peine pour rien -il fallait littéralement jouer des coudes pour se déplacer- car ce guide de visite reprend mot pour mot les panneaux présents dans les salles.

Les conditions de visite de "L'Ange du bizarre" était absolument déplorables tant il y avait de monde : la chaleur nous étouffait (j'ai oublié d'évoquer précédemment la longue attente au vestiaire, néanmoins plus disciplinée que les caisses) et bien souvent seule la partie haute des tableaux restait visible tant de personne était agglutinées devant, parfois malgré elle car ne sachant comment bouger. Certes le musée d'Orsay est là victime de son succès mais ces difficultés auraient été évitées si les premières salles n'avaient pas été si petites ! J'ai interprété cela comme un choix scénographique, pour nous faire entrer dans l'univers marginale et intime du romantisme noir, mais des salles plus grandes et des oeuvres plus espacées auraient été nettement plus appropriées. Au fil de la visite, cette impression d'étouffement diminue car les salles suivantes sont effectivement plus grandes, on voit mieux les oeuvres, la visite devient enfin agréable.


Bouguereau : Dante et Virgile,1850
Par exemple, j'ai eu beaucoup de difficultés à embrasser du regard la totalité de cette magnifique oeuvre tant il y avait de monde devant, mais aussi du fait de sa situation dans l'expositon, dans une espèce d'alcove assez étroite.

Au-delà de ces inconvénients pratiques, l'exposition est vraiment à voir car la thématique est certes dans l'air du temps mais aussi très intime. Même si on est au milieu de centaines de personnes, les oeuvres choisies par le musée d'Orsay renvoient à des états d'esprit, des sentiments, des chimères et autres rêves enfouis en soi, et peuvent même les réveiller un court instant, comme une étincelle. Les tableaux et quelques sculptures sont tour à tour émouvantes, mystérieuses, érotiques, certaines provoque un malaise, font peur.

Boiffard : Renée Jacobi, 1930



Von Stuck : Le baiser du sphinx, 1895


Le musée d'Orsay a mis en ligne une longue présentation de l'exposition, excellente initiative qui permet à tous de la comprendre.

Beaux Arts Magazine et Dossier de l'Art ont chacun édité un hors-série sur le romantisme noir, qui permet pour 9€ de mieux comprendre les symboles dans les oeuvres et l'athmosphère qui régnait dans l'Europe qui les a produites. La boutique de l'exposition est riche de romans, essais et poèmes du romantisme noir, je me suis laissée tenter par Les Infortunes de la Vertu de Sade.

J'irai sans aucun doute la revoir, quand il y aura un peu moins de monde, fin avril ou début mai, quand l'effet soufflet du lancement sera retombé et le sprint final pas encore lancé.
Le musée d'Orsay pourrait aussi proposer plus de nocturnes, pourquoi pas uniquement pour l'exposition car la configuration des lieux s'y prête, à la manière du Centre Pompidou qui avait très bien réagi pour Dali, exposition qui termine d'ailleurs en apothéose avec un week-end d'ouverture 24h/24 du vendredi 22 mars à 11h au lundi 25 mars à minuit.

J'aime attendre a édité un guide des expositions parisiennes qui indique notamment l'affluence prévisionnelle. Voici leur prévision pour "L'Ange du bizarre, Le romantisme noir de Goya à Max Ernst" :
Ce tableau est issu du guide des expositions parisiennes sans attendre par "J'aime attendre" que vous pouvez télécharger intégralement et gratuitement
http://guides.jaimeattendre.com


Infos pratiques sur l'exposition "L'Ange du bizarre, Le romantisme noir de Goya à Max Ernst" au musée d'Orsay :
Jusqu'au 9 juin
Durée de visite : selon l'affluence et votre courage, en 40 minutes ça peut être vu mais j'y serait bien resté des heures !
Tarifs : 12 €
TR 9,5 € (valable pour tous à partir de 16h30 sauf jeudi et samedi et le jeudi soir après 18h)
Gratuit pour les 18-25 ans résidant en UE
Ouvert de 9h30 à 18h sauf lundi, jusqu'à 21h45 le jeudi

Constance Jacquot

samedi 23 février 2013

A voir au musée des Arts Décoratifs en ce moment

 Design : les frères Campana Barroco Rococo

Présentée dans la galerie de design des années 2000, cette exposition est toute petite, à peine une dizaine de pièces dans une grande salle très originale au sol et au mur tapissé de paillasson.

Ces designers brésiliens osent des associations improbables de matériaux, comme l'osier brut et de fines sculptures feuilletées d'or, le bois et la fourrure... Je me suis renseigné sur leur travail en général et on sent aussi le penchant pour l'utilisation d'objets et matières improbables ou recyclés.

Je regrette que l'exposition des frères Campana soit si réduite car c'est vraiment une belle découverte baroque !
Une pièce en peluche des frères Campana qui ne fait pas partie de l'exposition.

Jusqu'au 24 février 2013

French Touch

Cette exposition présente le mouvement "French Touch" sous tous ces aspects : graphisme, illustration, vidéo, musique et aussi lifestyle. La French Touch, c'est l'influence des DJs français sur la house dans les années 90-2000.
L'exposition associe les DJs et musiciens aux graphistes à travers les affiches d'évènements, les pochettes de cd, les photos de soirées.  Musiques et graphismes étaient intrinsèquement liés dans ce mouvement.
L'ambiance est très soignée, avec dans chaque salle un son et son clip associé et une architecture très brut. Chaque pochette de CD est très bien expliqué, si bien qu'on peut passer plus d'une heure dans l'exposition. Il y a peut de monde, la circulation est très aisée.

Jusqu'au 31 mars

Trompe l'oeil

Cet accrochage est situé dans la galerie d'étude au premier étage du musée des Arts Décoratifs. Je m'attendais, vu le sujet, à un choix de pièces très ludiques, et j'ai été surprise. Il s'agit plutôt d'un voyage dans le temps à travers toutes les techniques de l'imitation du réel plus que du trompe l'oeil : la reproduction d'objets antiques par les orfèvres du XIXe siècle, la subtilisation des matières en céramiques (aussi bien des coquillages que du marbre...), la simulation de la perspective ou des volume sur une toile...

La visite est complétée grâce à des infos accessibles par flashcode (brillante idée).

Jusqu'au 15 novembre 2013








Infos pratiques sur le musée des Arts Décoratifs :
Du mardi au dimanche de 11h à 18h, le jeudi jusqu'à 21h30
Tarif 9,5€ TR 8€ Gratuit pour les -25 ans

vendredi 22 février 2013

Avis sur l'exposition Salvador Dali au Centre Pompidou

L'exposition Dali se termine en apothéose avec un week-end d'ouverture 24h/24 du vendredi 22 mars à 11h au lundi 25 mars à minuit.

Avis sur l'exposition Salvador Dali au Centre Pompidou : est-elle à voir ou non ? A VOIR absolument, profitez de ce dernier mois d'exposition (jusqu'au 25 mars).

Évidemment, il y a encore beaucoup de monde dans les salles de l'exposition Dali, mais rien à voir avec l'affluence record et effrayante des premières semaines : on peut sereinement s'y rendre n'importe quel soir de la semaine sans acheter son billet en avance.

La scénographie de l'exposition est très bien pensée pour accueillir beaucoup de monde à la fois. Il s'agit d'un grand espace avec des plusieurs modules au centre pour créer la circulation au milieu des oeuvres et des thèmes.
Le choix des oeuvres est très large et permet vraiment de découvrir tout Dali, à travers ses différentes périodes et medium, avec ses peintures majeures aussi bien que ses participations publicitaires et performances en vidéo. On regrette simplement le manque d'explications pour accompagner l'exposition, alors que son contenu est plutôt destiné au grand public et adapté aux novices. Néanmoins, le catalogue est un ouvrage de référence sur l'artiste pour 44,90 €.
 



Une salle isolé présente une installation baroque filmée en vidéo et projetée en temps réelle dans laquelle les visiteurs peuvent s'introduire et donc évidemment se voir. Ca ne m'a pas vraiment plu mais c'est bien la preuve de la volonté du Centre Pompidou de faire de l'exposition Dali une découverte exhaustive et ludique de l'artiste.

Quelques clés pour comprendre l'artiste :
  • L'âne, souvent pourri, est très présent et renvoie au fantasme de mort. Les cyprès aussi sont le symbole du repos éternel, mais c'est le cas de nombreux peintres.
  • Les protubérances molles sont souvent soutenues par des béquilles : c'est une façon pour Dali d'imager ses problèmes d'impuissance.
  • La cuillère est une extension du corps humain. Anecdote : Dali s'endormait avec une cuillère dans la main, ainsi quand il sombrait elle tombait et le réveillait, il pouvait alors réutiliser ses rêves frais dans son travail.
  • Les fourmis renvoient au pourrissement et à la mort.

  • Le lion symbolise la puissance en contraste avec l'impuissance de Dali. Et il est souvent représenté de façon inquiétante...
  • La moustache, attribut physique symbole de l'excentricité de Dali.

Infos pratiques sur l'exposition Salvador Dali au Centre Pompidou
Jusqu'au 25 mars 2013
Temps de visite : 1h est suffisant, ou beaucoup plus...
Ouvert de 11h à 23h tous les jours sauf le mardi
(Accès dès 9h30 pour les visiteurs munis de billets)
Tarif 13€ (accès aux collections permanentes inclus), TR 10-11€
Le passe annuel est à un tarif très intéressant : 22€ par an pour les - 26 ans

vendredi 11 janvier 2013

Avis sur l'expo Edward Hopper au Grand Palais

Avis sur l'expo Edward Hopper aux Galeries Nationales du Grand Palais : est-elle à voir ou non ? Comment dire... NE VOUS FAITES PAS AVOIR !!!

(C'est mon article coup de gueule, marre d'être prise pour un pigeon)

L'expo Edward Hopper a déjà accueilli 580 000 visiteurs, il y a foule à n'importe quelle heure et les médias sont dithyrambiques à son propos... MAIS POURQUOI ???


Je ne connaissais pas Edward Hopper, donc je ne me permettrai pas de juger son travail. Néanmoins, j'estime avoir vu suffisamment d'expositions et d'artistes pour avoir un avis, et je trouve l'enthousiasme autour de ce peintre excessif.


J'ai quand même apprécié le travail de Hopper et la rétrospective semble complète :

Il a beaucoup peint l'Amérique, la vie et les lieux quotidiens, et on ressent vraiment l'atmosphère et l'ambiance de la scène : peu de personnage, des décors magnifiés qui peuvent être un sujet à part entière. En tant que spectateur on intègre vraiment la peinture.
Edward Hopper a aussi passé beaucoup de temps à Paris et grâce à son traité picturale apporte un nouveau point de vue sur la ville qui vaut aussi d'être découvert.
Ses aquarelles sont vraiment très belles. Elles représentent bien souvent des paysages de petits villages, de littorales, avec un traité très précis, fin, qui en font des oeuvres très vives.
Une aquarelle : Second Story Sunlight

L'exposition montre également beaucoup d'artistes ayant influencé l'oeuvre de Hopper : Degas, Pissaro, Manet...


Les gros points négatifs de l'exposition Edward Hopper sont surtout du fait du Grand Palais.
La scénographie est inadaptée à l'affluence record (et évidemment qu'ils pouvaient le prévoir !) : les toiles sont trop rapprochées (1,50m) et certains salles sont beaucoup trop petites pour permettre une circulation aisée. D'autre part, il y a peu d'explications, aucun dépliant qui permettrai les garder, et les audioguides sont très chers mêmes lorsqu'on les télécharge : 3€ !
L'organisation des Galeries Nationales laisse aussi à désirer avec très peu de personnel dans l'exposition mais aussi tout simplement au vestiaire, avec seulement 3 personnes pour gérer groupes, dépôts et retraits (j'ai attendu plus longtemps pour le vestiaire que dehors (NB : j'ai un laisser-passer)).

Une belle initiative quand même : le Grand Palais a prolongé l'exposition Hopper pour faire face à ce succès pendant un week-end, durant lequel elle sera ouverte 24h/24.

Informations pratiques sur l'exposition Edward Hopper aux Galeries Nationales du Grand Palais
  • Jusqu'au 28 janvier :
    Lundi : 10h-20h
    Mardi : fermé
    Mercredi, jeudi, vendredi : 10h-22h
    Samedi, dimanche : 9h-22h 
  • Du 29 au 31 janvier : de 9h à 23h
  • Du 1er février 9h au 3 février 00h
12€, TR 8€. Pensez aussi à la carte Sésame au tarif annuel très intéressant
Audioguide : 5€, 3€ en téléchargement
Durée de visite : 45 - 60 min

jeudi 10 janvier 2013

Avis sur l'exposition Van Cleef & Arpels au musée des Arts Décoratifs

Avis sur l'exposition Van Cleef & Arpels "L'art de la haute joaillerie" au musée des Arts Décoratifs : est-elle à voir ou non ? A VOIR ! C'est une pure merveille.

Dans l'exposition Van Cleef &Arpels, tout est beau. Situé dans la nef des Arts Décoratifs, la scénographie sur fond bleu royal met très bien valeur les magnifiques pièces de cette maison française fondée en 1906, notamment par le jeu de lumières dans les vitrines. Le parcours est fluide et chronologique, et même s'il y a du monde, la circulation dans l'exposition se fait aisément.

Les pièces de la maison Van Cleef & Arpels sont présentées pour chaque décennie. Un long panneau explique les tendances graphiques et leur contexte historique. On en apprend également beaucoup sur les techniques de fabrication grâce aux panneaux, cartels et à une captivante vidéo qui montre tous les métiers intervenant dans la création d'un bijou. On découvre par exemple la technique du Serti Mystérieux, l'origine de la Minaudière, les bijoux transformables, les commandes spéciales des rois et nobles.
Je suis restée 2h dans l'exposition, elle peut être visitée en 45 min mais m'a passionnée.


Leur collier des années 40 récemment réédité

Une minaudière, objet créé par la maison Van Cleef & Arpels

La technique de la dentelle en or

La couronne de l'impératrice d'Iran Farah Pahlav

Informations pratiques sur l'exposition Van CLeef & Arpels au musée des Arts Décoratifs :
Jusqu'au 10 février 2013
Du mardi au dimanche de 11h à 18h
Tarif : 9,5€, TR 8€

Constance Jacquot

dimanche 6 janvier 2013

Avis sur le musée du Bauhaus à Berlin

Avis sur le musée du Bauhaus à Berlin : est-il à voir ou non ? Absolument, qu'on soit fan ou novice.

Le musée du Bauhaus de Berlin a pour vocation de faire découvrir cette école qui a marqué l'histoire du design malgré sa courte existence de 1919 à 1933 ainsi que ses créations. Il est construit de façon très didactique et même ceux qui ne connaissent pas le Bauhaus apprendront à aimer ces artistes complets.

Le fonctionnement et le cursus de l'école Bauhaus sont présentés à travers les thèmes et travaux abordés dans chaque classes. Les techniques sont variées : sculpture, peinture, étude de la couleur, mécanique, fonderie, céramique, design, architecture, maquettage... et témoigne de la polyvalence qui ont permis l'excellence des productions de l'école, de ses élèves et ses enseignants, notamment des plus célèbres : Klee, Kandinsky, Gropius...
Le cycle de production d'un travail est compréhensible dans son ensemble grâce à la présence des dessins d'étude préparatoires aussi bien que des objets finis.

La scénographie est très bien pensées car énormément de pièces sont présentés dans une espace relativement restreint à la circulation organisée par des pans de mur. Chaque étape du cursus de l'école Bauhaus et chaque technique sont abondamment expliquées en allemand et en anglais, tout comme les pièces phares exposées.

Même le bâtiment du musée du Bauhaus est une pièce de collection en lui-même, dessinée par Gropius, avec son long chemin d'accès en serpentin.

Informations pratiques sur le musée du Bauhaus de Berlin
Ouvert de 10h à 17h tlj sauf mardi
Tarifs : lundi + week-end = 7€/4€   |   mercredi à vendredi = 6€/3€
Audioguide gratuit en anglais, français, italien, chinois et d'autres langues
Durée de visite : 1h

Constance Jacquot

Avis sur le musée Jean Cocteau à Menton

Avis sur le musée Jean Cocteau à Menton : est-il à voir ou non ? J'ai été déçue, à réserver plutôt aux inconditionnels de son théâtre et de son cinéma.

Le musée Cocteau est composé du Bastion, partie la plus ancienne qui abrite ses peintures et céramiques de l'artiste, autour du thème du couple, avec de nombreuses figues monstrueuses. C'est onirique et très coloré et m'a beaucoup plus, malheureusement peu d'oeuvres sont présentées.
Ce musée a été réalisé par Cocteau lui-même juste avant sa mort, il a notamment réalisé les mosaïque qui orne le bastion.



La partie récente du musée a ouvert en novembre 2011 grâce à la donation d'un collectionneur passionné de Cocteau, Séverin Wunderman. Sur les 1800 pièces données (dont 990 de Cocteau), 200 sont accrochées et tournent, dans un magnifique bâtiment dessiné par l'architecte Rudy Ricciotti. Ce design est pour moi l'attrait principal du musée, aussi étonnant de l'extérieur que de l'intérieur. Dans le décor assez traditionnel de Menton, surtout qu'il est situé en face du vieux marché couvert, il donne un coup de modernité de façon très esthétique. A l'intérieur, on voit le ciel bleu à travers les fissures des vitres dans le marbre.

La collection du musée Cocteau présente beaucoup d'oeuvres autour du cinéma et du théâtre : dessins, photos, extraits de film, dont beaucoup sont consacrées à Sarah Bernhardt et Jean Marais. J'ai été déçue de ne pas voir plus de travaux préparatoire de Cocteau, comme des croquis de décors ou de costumes, ainsi je pense que seront surtout intéressés les passionnés de cinéma.
La visite s'est donc fait rapidement pour moi, en 45 minutes, et j'ai trouvé le prix assez élevé : 6€ ou 3€ en TR. Au moins, c'est un espace d'exposition très calme (même pendant les vacances).

Informations pratique sur le musée Jean Cocteau à Menton
Ouvert de 10h à 18h, nocturnes en juillet et août le vendredi jusqu’à 22h

Constance Jacquot

mardi 25 décembre 2012

Avis sur le musée Nissim de Camondo

Avis sur le musée Nissim de Camondo, une demeure du XVIIIe siècle : est-il à voir ou non ?
Qu'on soit passionné par l'art du XVIIIe siècle ou non, ce musée est vraiment à visiter !

Moïse de Camondo est un collectionneur qui a reconstitué une demeure de la grande bourgeoisie du XVIIIe siècle dans un hôtel particulier en bordure du parc Monceau. Toutes les pièces sont fidèles à cette époque et nous font découvrir la vie de cette classe sociale riche et puissante, notamment à travers les pièces liées à la domesticité, à l'apparat et à la réception.




On y découvre les objets quotidiens comme la décoration (les tableaux, les sculptures) et le mobilier dans une architecture et un design préservé, complétés par un jardin à la française donnant sur le parc Monceau.








Pour tout achat de billet, un audioguide est prêté et permet de visiter la maison au fil des pièces et de découvrir chaque objet en détails. Une initiative assez unique et très appréciable, qui fait que la visite du musée Camondo peut vous prendre facilement l'après-midi entier.







Ce musée a été fondé par Moïse de Camondo en l'honneur de son fils Nissim mort au combat, l'ouverture en 1936 à la mort de Moïse s'est fait à la condition sine qua non que la demeure et sa collection reste en l'état. La visite permet une découverte très large de la grande époque du goût à la française, lorsque Paris était le centre européen de l'art.





Infos pratiques sur le musée Nissim de Camondo :
Ouvert du mercredi au dimanche de 10h à 17h30
7,5€ - TR 5,5€












Constance Jacquot