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dimanche 7 décembre 2014

La Fondation Vuitton : je suis venue, j'ai vu, et je suis repartie


La Fondation Louis Vuitton a fait du bruit avec son inauguration en grandes pompes qui a sans aucun doute convaincu les invités de la splendeur de l'architecture et de son style incomparable pour accueillir de beaux évènements.

Un exemple d'esthétique au détriment du pratique


De beaux volumes, des terrasses superposées qui permettent d'apprécier l'architecture des voilures du bâtiments et la vue le bois et la skyline de La Défense, de grandes ouverture qui baignent les espaces circulatoires de lumière, des bassins sophistiqués et des matériaux de qualité : tout est réuni pour en faire un lieu de réception d'exception, mais pas un centre d'art qui accueillerait des milliers de visiteurs chaque jour.




La Fondation Louis Vuitton cumulent des désavantages pour l'accueil du public, si bien qu'on se demande si elle a été conçue pour le public ou le privé. Il n'y a pas de signalétique et aucun sens de circulation à travers les espaces et expositions, certainement pour conserver l'esthétique immaculée du lieu mais au détriment évident des visiteurs.

J'ai eu le plaisir -plaisir malgré tout- visiter la Fondation Louis Vuitton un week-end quelques semaines après son ouverture et ai été agréablement surprise par l'attente plutôt courte : 30 minutes d'attente pour acheter un billet et entrer un dimanche après-midi. Ce serait certainement encore plus rapide si l'entrée n'était pas des portes à tourniquet, une idée débile pour un bâtiment recevant tant de visiteurs...

Splendide art contemporain


La programmation est exigeante mais passionnante pour les amateurs d'art contemporain, entre les œuvres conçues sur commande (notamment l'impressionnante réalisation d'Olafur Eliasson) et les expositions.

L'accrochage va tourner durant tout cette année d'inauguration et a commencé avec des noms aussi prestigieux de Gerhard Richter, Pierre Huyghe, Bertrand Lavier et Christian Boltanski, entre autres. Et quel plaisir d'apprécier la série "Stripes" de Gerhard Richter dans une salle immense et immaculée tellement propice à la contemplation artistique.

L'installation d'Olafur Eliassion à la Fondation Louis Vuitton

L'exposition Frank Gehry


La Fondation met à l'honneur son architecture avec une exposition consacré à sa construction, à travers des plans et maquettes. La scénographie est insipide et les pièces présentées plutôt aride. Il en est difficile d'accrocher au sujet. L'exposition que consacre le Centre Pompidou à Frank Gehry est beaucoup plus accessible et riche en retrançant l'ensemble de sa carrière (site de l'exposition).

Informations pratiques sur la Fondation Louis Vuitton


Une application Android / Apple  pour apprendre à regarder le bâtiment et en savoir plus sur les œuvres est téléchargeable gratuitement et vous fera un support de visite très pratique et complet.

Durée de visite : 1h pour voir les expositions plus 1h pour la balade architecturale

Tarif : 14€, moins de 26 ans 10€, chômeurs 5€

Site de la Fondation Louis Vuitton

Constance Jacquot

lundi 10 février 2014

Expo de dessin contemporain : la donation Guerlain au Centre Pompidou

Le Centre Pompidou expose une sélection d’œuvres de la donation de dessins contemporains de la Fondation Guerlain. A travers 200 artistes originaires de 38 pays, l’exposition amène une vision globale sur les possibilités et les variations de cet art.


Le dessin est un art à part entière et a la particularité d’être à l’origine de tout processus créatif, universel et intemporel : c’est le premier geste de chaque artiste, le plus direct du cerveau à la main. Et pourtant, il peine à être considéré comme un art majeur, au même titre que la peinture ou la photographie, auprès des institutions et des collectionneurs.

La Fondation d’entreprise Guerlain a donc pour vocation la reconnaissance du dessin contemporain, notamment à travers le « Prix de dessin Guerlain », qu’elle a créé en 2006. La donation Guerlain au Centre Pompidou compte 1200 œuvres, dont celles des nominés. Leur intégration à la collection du Musée National d’Art Moderne et leur exposition devraient donner plus de valeur à cette technique et susciter de nouvelles vocations de collectionneurs, d’autant que le marché du dessin est parmi les plus accessible financièrement.

L’exposition du Centre Pompidou est située dans la galerie d’art graphique, à l’intérieur même du Musée National d’Art Moderne (donc gratuit pour les – 25 ans). On nous emmène à la découverte de toutes les possibilités offertes par le dessin : styles, traits, outils, supports et sujets sont sont montrés dans tout leur variété.

Claire Morgan – Ophelia (extrait) – 2009 – mine graphite, aquarelle et résidus de canard sur papier

Réalisations à l’encre, coulures, collages et même utilisation de fiente de canard, le dessin contemporain est loin de se restreindre à la mine et regroupe des supports et outils qui nécessitent de rassembler d’autres compétences que le coup de crayon.

Bernard Moninot – Ombres – 1981 – résine acrylique, pigment et noir de fumée fixée sur verre

Le dessin permet un graphisme très précis et détaillé, contre-balancé par la légèreté des décors et fonds. Le sujet est souvent le seul élément de la composition avec une large place laissée au blanc du papier.

Fabien Mérelle – Paul d’Aubervilliers – 2010 – encre sur papier

La collection de dessins contemporains de la Fondation Guerlain contient aussi bien des œuvres aux sujets actuels et lourds que d’autres plus légères et poétiques. La volonté de l’exposition d’approcher de l’exhaustivité se ressent bien dans le choix très international des artistes.

Pavel Pepperstein – Kandinsky tower (extrait) – 2007 – encre et aquarelle sur papier

Rina Banerjee – Wishing waters and grey spells enchanted her funny foe – 2009

Le dessin contemporain joue aussi avec l’abstraction.

Thomas Müller – 2010 – lavis et mine graphite sur papier


On se rend également bien compte au fil des œuvres, regroupées par artistes et par thèmes, que les notions de présentation et de mise en scène s’appliquent aussi au dessin.

Sandra Vasquez de la Horra – 2003-2011


Tous les publics trouveront leur compte dans l’exposition de dessins contemporain de la donation Guerlain :

  • Les amateurs d’art découvriront de nombreux nouveaux artistes et le travail au dessin d’autres qui se fait connaître grâce à d’autres techniques (par exemple Penone, dont on connait les sculptures d’art mais moins les dessins de cerveaux).

Giuseppe Penone – Foglie del Cervello – 1990 – empreintes au carbone et bandes adhésives sous verre

  • Les artistes seront inspirés par la multitude de supports, médiums et thèmes abordés.
    • Les novices s’y retrouveront aussi car, bien que dense, l’exposition est d’une lecture facile : les dessins sont moins chargés que des toiles et permettent un décryptage plus facile et l’exposition guide le visiteur grâce aux regroupements thématiques et par artistes. On regrette cependant qu’il n’y ait pas plus de ressources à disposition : le site et les dépliants disponibles sur places sont bien trop légers.
    Je recommande d’autant plus cette exposition de la Fondation Guerlain que la visite en est très fluide, certainement grâce à son installation dans l’espace de la collection permanente, dont la présentation vient d’ailleurs d’être renouvelée.

    Infos pratiques sur l’exposition de la donation Guerlain au Centre Pompidou :


    Jusqu’au 7 avril 2014

    Durée de visite : 45 min
    De 11h à 22h (fermeture des caisses à 20h), tlj sauf mardi
    Gratuit pour les -25 ans, sinon 13€/10€

    Site de l’exposition

    Constance Jacquot
    Article publié sur Mother Shaker

    mardi 4 février 2014

    Zeng Fanzhi, l’expo perturbante du MAM…

    Les artistes contemporains chinois, poids lourds du marché de l’art international mais encore peu présentés dans les institutions, gagnent en notoriété et le Musée d’art moderne de la Ville de Paris s’inscrit dans la tendance avec la rétrospective de Zeng Fanzhi, exposé pour la première fois en France.


    Vous avez jusqu’au 16 février 2014 pour découvrir dans cette expo au contenu et au tarif accessibles ce peintre pékinois bien connu des collectionneurs mais moins du grand public se reconnaît à son style marqué par la croisée des inspirations traditionnelles et modernes. Les peintures de Zeng Fanzhi sont chargées de références picturales et se révèlent de plus en plus déroutantes au fil de la visite, avec un coup de pinceau à la Pollock et un univers glauque comme celui de Bacon.

    Zeng Fanzhi – Pure Land – Huile sur toile 2012 – Courtesy Gagosian Gallery

    Dans les peintures de Zeng Fanzhi s’entrechoquent les influences picturales asiatiques et occidentales : les paysages chinois sont interprétés avec un graphisme pop art et expressionniste, des tableaux obscures et abstraits côtoient les thèmes politiques mais sans engagement de cet artiste resté en Chine mais mondialement vendu. Pure Land, peinture monumentale en 4 panneaux de plusieurs mètres de long, emprunte le sujet et le traité des branchages à la peinture traditionnelle chinoise sur des couleurs très pop pour le paysage avec un trait qui pourrait appartenir à un artiste expressionniste abstrait.

    L’exposition, antéchronologique, commence par les œuvres les plus récentes de Zeng Fanzhi, et certainement les plus impressionnantes par leur format et la vivacité du coup de pinceau. Les images et paysages même figés dans la toiles paraissent dynamiques grâce au talent de Zeng Fanzhi et l’œil y voyage facilement, angoissé par l’absence d’humains au profit d’animaux démesurés.

    Zeng Fanzhi – Hare (Lièvre) – Huile sur toile 2012 – Collection Pinault

    Cette rétrospective du MAM met en exergue le travail sous forme de séries de Zeng Fanzhi, dont l’une des plus perturbante est celle des masques, nourrie par l’idée que personne ne peut vivre sans masque dans nos sociétés modernes, surtout dans le Pékin grouillant de l’artiste.

    Zeng Fanzhi – Mask Series no.08 – Huille sur toile 1997 – M+ Sigg Collection

    Zeng Fanzhi – Portrait – Huile sur toile 2004 ©Zeng Fanzhi

    On retrouve dans cette série d’une part des symboles de l’esthétique socialiste récurrente en peinture tels que les foulards rouges, les fleurs colorées kitsch, et d’autre part des éléments déroutants comme les pupilles en croix. The Last Supper est une citation directe de l’œuvre de De Vinci mais aussi une analogie avec une réunion politique.

    Zeng Fanzhi – The Last Supper – Huile sur toile 2001

    La dernière salle de l’exposition Zeng Fanzhi est un point orgue de bizarroïdité avec des scènes d’abattoirs…

    Informations pratiques de l’exposition Zeng Fanzhi au Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris :


    Jusqu’au 16 février 2014

    Du mardi au dimanche de 10h à 18h et le jeudi jusqu’à 22h
    Une expo très calme même le week-end

    Tarifs : 3,5€ à 7€
    Durée de visite : 40 min

    Site de l’exposition

    Constance Jacquot
    Publié sur Mother Shaker

    mercredi 10 juillet 2013

    Danh Vo et son exposition "Go Mo Ni Ma Da" au MAM

    Avis sur l'expo "Go Mo Ni Ma Da" de Danh Vo au Musée d'Art Moderne de la ville de Paris : est-elle à voir ou non ? Si vous allez voir Keith Haring avant oui, autrement elle ne vaut pas le détour.

    L'expo de Danh Vo est présenté dans l'espace ARC du MAM, c'est-à-dire la gallerie à l'étage. Elle est composée de quelques oeuvres imposantes réunies en 4 groupes. Danh Vo est un artiste vietnamien né en 1975 et ayant fuit son pays pour le Danemark à l'âge de 4 ans, qui a déjà exposé au Guggenheim de New-York et est présent à la biennale de Venise. Même si l'on n'apprécie pas l'esthétique des matériaux de récupération de ses oeuvres, son expérience, sa reconnaissance et son histoire donne une grande crédibilité à son fort engagement politique qui mérite d'être observé dans son travail.

    La politisation de son travail est présente déjà par le choix des matériaux, c'est-à-dire des objets de récupération issus d'évènements  ou de bâtiments symboliques, par exemple les lustres proviennent de l'hôtel Majestic où ont été signées les accords Etats-Unis - Vietnam en 1973.
    Le questionnement de Danh Vo porte notamment sur l'hégémonie non-souveraine d'un été sur un autre dans un contexte de décolonisation, ce qu'a bien sûr vécu le Vietnam. La pièce qui me semble la plus intéressante est une statue de la liberté en cuivre, réplique à l'échelle 1 de l'originale démontée en 20 pièces, comme une allégorie du monde libre idéalisé finalement détruit.
    Dans un autre registre, des tableaux représentent l'évangélisation des non-chrétiens en Asie.

    Informations pratiques sur l'expo "Go Mo Ni Ma Da" de Danh Vo au Musée d'Art Moderne de la ville de Paris :
    Temps de visite : en 20 min vous pouvez avoir fait le tour
    Jusqu'au 18 août
    Tarifs : 6€/4,5€/3€ (si vous visitez l'exposition de Keith Haring, vous pouvez accéder à "Go Mo Ni Ma Da" pour 1€ de plus)

    Constance Jacquot

    vendredi 14 juin 2013

    Avis sur l'expo "Dynamo" au Grand Palais

    Avis sur l'expo Dynamo au Grand Palais : est-elle à voir ou non ? Non. Si la curiosité peut vous y pousser, elle est trop longue et épuisante par rapport à son intérêt. Pour en parler sans la voir.

    Dynamo présente les arts optique et cinétique sous toutes leurs formes d'expression au cours du XX° siècle, avec 200 œuvres par 142 artistes, dont nombreux vivants et jeunes. Ce sont des points plutôt positifs puisque le Grand Palais promeut ainsi la scène contemporaine et le visiteur en prend plein la vue avec cette exposition d'ampleur qui occupe la totalité des 2 étages des galeries du Grand Palais.
    Le parcours est thématique plutôt que chronologique, thématique dans le sens que les œuvres sont rassemblées selon l'effet qu'elles produisent, leur incidence sur l'environnement ou le spectateur : battement, halo lumineux, mouvement, miroirs, transformation des matières par le mouvement, changement de l'aspect de l'œuvre selon le point de vue, etc...

    La plupart des pièces présentées au long de Dynamo fonctionnent en interaction avec l'espace ou avec le spectateur, et ne peuvent pas à mon sens être considéré comme des œuvres d'art une fois isolées. Les effets provoqués sont nettement plus physiques de psychiques, contrairement à des objets d'art plus classiques comme les tableaux, sculptures... Les arts optique et cinétique sont des formes d'abstraction vouées à l'expression du mouvement et de la lumière plutôt qu'à quelconque lyrisme. Ils ne se réfèrent à aucun phénomène psychologique ni évènement de la nature ; les oeuvres  ne renvoient qu'à elle-même et à leurs incidences physiques.

    Morellet : Triple X Neonly, 2012

    Sobrino : Transformation Instable Juxtaposition Superposition, 1963-2011
    Varini : 23 disques évidés + 12 moitiés et 4 quarts, in situ 2013

    J'ai donc ressenti le propos de ces œuvres comme esthétique mais creux, néanmoins cela le rend très ludique et accessible à tous, mêmes aux enfants. Les artistes l'ont bien compris et exploitent cette facilité d'appropriation qu'a le spectateur en créant des pièces nécessitant son intervention, en proposant des œuvres-labyrinthes, en mettant les sens en situation d'inconfort par l'obscurité ou au contraire les flash, parfois jusqu'à l'extrême du confort. Je me suis sentie agressée par les pièces présentées, comme un cobaye, elles s'imposent sans laisser au spectateur la liberté de les ignorer ou des interpréter.

    Ce que j'ai finalement préféré sont les tableaux de géométrie abstraire des années 30 à 60, un bon vieux Vasarely il n'y a que ça de vrai !

    Vasarely : Vega-Bas, 1967


    La queue pour une œuvre dans le noir à laquelle le visiteur
    participe, bébé sur le dos... C'est vrai que le goût artistique
    doit être forgé au plus tôt !
    Pour couronner mon mécontentement, cette expo est devenue le prétexte d'une sortie familiale dans laquelle les enfants sont lâchés comme des animaux. Je ne sais si ce sont les médias, le public, ou le Grand Palais lui-même qui lui ont donné ce ton. Si vous y allez un week-end ou un mercredi, attendez-vous à voir des enfants de tous les âges, jouant, criant et courant dans les galeries du Grand Palais comme s'il s'agissait de Disneyland, sous le regard attendri des "surveillants" qui semblent apprécier l'animation et des parents trop heureux de voir leur progénitures "se cultiver". Même s'il faut avouer que le contenu de l'exposition s'y prête, il me paraît inconcevable d'avoir des enfants "en liberté" dans un musée car les parents se doivent de garder un rôle pédagogique et de respecter le travail présenté. Dynamo, en autorisant ces comportements, ridiculise tout un mouvement en faisant en quelques sortes des arts cinétique et optique des espèces de "sous-art" à livrer en pâture au grand public ignare. Or, je ne pense pas que ces arts soient à sous-qualifier ni que le grand public, même inhabitué, ne soit débile, donc le Grand Palais nous prend pour des pigeons en nous présentant l'expo Dynamo ainsi.

    Dynamo ou la sortie du dimanche. Pauvre Julio Le Parc...

    Je vous recommande donc vivement, si après tout cela l'envie de voir Dynamo vous prend encore, de choisir une fin de journée (expo ouverte jusqu'à 20h) ou la nocturne (22h le mercredi) pour être au calme et entre adultes ;-)

    Les phrases à sortir pour frimer sans voir l'expo Dynamo au Grand Palais :
    • "C'est bien qu'une grosse institution comme le Grand Palais présente autant d'artistes dont certains jeunes."
    • "Les œuvres sont amusantes mais un peu creuses. Tu sais les arts optique et cinétique sont des abstractions basées sur le mouvement, il n'y a aucun lyrisme là-dedans."
    • "Je me suis sentie agressée par les pièces présentées, comme un cobaye, elles s'imposent sans laisser au spectateur la liberté de les ignorer ou des interpréter. Heureusement qu'il y avait quand même quelques bons vieux Vasarely à comtempler !"
    • "Le Grand Palais et les médias ont fait de Dynamo une mascarade en la présentant comme une expo familiale. Des enfants courraient partout, c'est un manque de respect total aux arts cinétique et optique."
    • "Franchement, ça vaut pas le coup. C'est cher, l'expo est très longue, avec les flash de partout tu vas ressortir crevé."

    Informations pratiques sur l'expo Dynamo au Grand Palais :
    Jusqu'au 21 juillet
    Ouvert tous les jours sauf mardi de 10h à 20h et le mercredi jusqu'à 22h
    Tarif : 13€ / TR : 9€
    La queue est raisonnable à présent, vous n'êtes pas obligé de réserver.
    Durée de visite : grand minimum 1h, pour être à l'aise prévoir 2h30

    Constance Jacquot

    jeudi 30 mai 2013

    Un peintre : Walter Minus

    Walter Minus est, en parallèle des ses activités d'illustrateur et dessinateur, un peintre à l'art complètement dévoué au corps de la femme. Il les représente fatales ou mutines, toujours sensuelles et dénudées, et donne vie à leurs formes grâce au cerné noir dynamique caractéristique de son style à la croisée de la BD et du pop art. Ses tableaux à l'acrylique sont beaux et faciles d'accès.
    Dolores par Walter Minus





    vendredi 12 avril 2013

    Avis sur l'exposition " Linder, femme/objet " au musée d'Art Moderne de la ville de Paris

    Avis sur l'exposition "Linder, femme/objet" au musée d'Art Moderne de la ville de Paris : est-elle à voir ou non ? Je ne la classerais pas parmi les must-see de la saison.

    L'exposition présente plusieurs facettes du travail de Linder : photographies et photomontages principalement, mais aussi mode, musique et vidéo. La rétrospective est ainsi complète et permet d'embrasser toute la carrière de l'artiste, on découvre ces premièrs travaux composés d'images découpées dans les magazines pour finir par les montages réalisés sous Photoshop.

    Linder a investit la scène artistique à l'époque où émergeait le punk (76-77) et a logiquement utilisé son art dans un but contestataire. Tout son travail est trempé de féminisme, son combat, et dénonce la femme utilisée et écrasée par la société. La femme ultra-érotisée, à laquelle nous sommes habitués dans les médias et particulièrement la publicité, et que nous remarquons à peine, est isolée de son contexte pour apparaître dans toute sa violence et est mise en scène de façon ridicule avec ses objets du quotidien.

    
    Linder, Sans titre, 1976
     
    Linder, Sans titre, 1976
     
    Linder, Sans titre, 1976
    
    L'oeuvre de Linder et son message sont clairs et percutants, j'irai même jusqu'à dire qu'il manque de subtilité. Son travail a quelque chose  de trop évident, de trop facile, nous sommes quotidiennement confrontés aux visuels qu'elle utilise et détourne et à ses idées féministes certes fondamentales (l'ultra érotisation, la soumission ménagère, etc) mais rabachées. Peut-être que ce point de vue vient du fait que j'appartiens à une génération qui a toujours entendu ces contestations, des personnes plus âgées auront certainement un autre regard.
    Enfin, le mieux est encore d'écouter Linder parler de son travail :

    LINDER Femme/Objet par paris_musees

    Néanmoins, cela rend l'exposition accessible à tous (sauf les enfants, certains travaux sont très érotiques), même ceux qui n'ont pas l'habitude des musées ; le procédé de collage est plutôt ludique.

    Linder, Revolutionary hardcore, Formula IX, 2010

    Linder, Sans titre, 1977

    Au-delà du contenu, l'exposition " Linder, femme/objet " est très agréable à visiter : elle se déroule au premier étage du musée d'Art Moderne de la ville de Paris, il y a peu de monde et la scénographie est spacieuse avec certaines thématiques d'oeuvres masquées par des rideaux qui rendent la surprise complète et le choc plus important ! En plus, cette exposition n'est vraiment pas chère : 6€ !

    Le catalogue de l'exposition Linder est très sympa, sous forme de magazine, on y retrouve pour 24€ toutes les oeuvres de l'exposition qui au-delà de leur portée sont tour à tour drôles, esthétiques et renvoient facilement à des souvenirs personnels.

    Infos sur l'exposition "Linder, femme/objet" au musée d'Art Moderne de la ville de Paris :
    Jusqu'au 21 avril 2013
    Durée de visite : 45 minutes
    Du mardi au dimanche de 10h à 18h, jusqu'à 22h le jeudi
    Tarif : 6€ / TR : 3€

    mardi 12 mars 2013

    Avis sur l'exposition "Sous influences, artistes et psychotropes" à la Maison Rouge

    Avis sur l'expo "Sous influences, artistes et psychotropes" à la Maison Rouge à Paris : est-elle à voir ou non ? C'est une excellente occasion de découvrir ce lieu d'exposition parisien du quartier de Bastille, qui est en fait une fondation privée créée à l'initiative du collectionneur Antoine de Galbert en 2004.

    Peut-être moins connue d'autres lieux parisiens (d'ailleurs, c'est la première fois que je m'y rendais), cette fondation n'a rien à envier à ses consœurs parisiennes et autres musées plus connus et nous le montre avec cette exposition "Sous influences, artistes et psychotropes" longue, riche, intéressante et accessible à un très large public.

    Swinging Corridor de Carsten Höller
    Cette exposition de la Maison Rouge présente les travaux d'artistes drogués qui avaient le soucis de transmettre en termes plastiques l'expérience intime de la prise de substances et de ses conséquences.
    Le passage entre le hall d'entrée et l'exposition est matérialisé par le Swinging Corridor de Carsten Höller, long couloir sensé prodigué une expérience sensorielle qui fait perdre au visiteur qui la traverse ses repères... Cet effet là n'est vraiment pas réussi, mais la pièce fait office de sas.

    A l'entrée brûle de l'encens au parfum d'opium... sauf le jour où j'y suis allée, un dimanche après-midi de forte influence durant lequel l'encens n'avait pas été rallumé.


    On découvre au fil des pièces des travaux d'artistes drogués notoires (Cocteau, Artaud, Picabia...) justement "sous influence", des pièces évoquant la consommation de stupéfiants, avec un point de positif ou négatif sur cet acte, des photos représentant justement cette acte de consommation... Malgré sa richesse, j'aurai aimé mieux comprendre le lien entre les effets physiques des drogues, à travers le prisme scientifique (cette part manquait), et l'expression des effets ou du manque de façon plastique.
    Yayoi Kusama

    American Express de Raymond Hains

    Néanmoins, on peu féliciter l'effort de la Maison Rouge de fournir un guide visite de "Sous influences" très complet, pièce par pièce, et d'avoir créer une scénographie à la circulation facile même un jour d'affluence.

    Infos pratiques sur l'exposition "Sous influences, artistes et psychotropes" à la Maison Rouge :
    Durée de visite : facilement 1h
    10, bd de la Bastille (M° Quai de la Rapée)
    Ouvert du mercredi au dimanche de 11h à 19h
    Nocturne le jeudi jusqu’à 21 h
    Tarif : 8 € / TR 5,5 €

    Constance Jacquot

    mercredi 6 mars 2013

    Avis sur l'exposition "Yue Minjun, L'Ombre du Fou Rire" à la Fondation Cartier pour l'art contemporain

    Avis sur l'exposition "Yue Minjun, L'Ombre du Fou Rire" à la Fondation Cartier pour l'art contemporain : est-elle à voir ou non ? Oui, une superbe découverte.

    L'exposition présente plusieurs facettes de l'oeuvre de l'artiste chinois Yue Minjun. On peut distinguer 3 thématiques réparties entre le rez-de-chaussée et le sous-sol de la Fondation Cartier.
    Non seulement l'expo est passionnante par son contenu, et de plus le lieu est toujours aussi agréable, avec une scénographie aérée et facile à suivre. La Fondation Cartier nous raconte une histoire au fil des pièces, soutenues par des explications sur papier et encore plus détaillées sur le site.



    La répétition et l'absurdité

    Le rez-de-chaussée de la Fondation Cartier expose des oeuvres des années 1990. L'autoportrait de Yue Minjun y est omniprésent, d'une peinture à l'autre mais aussi dans chaque composition, répété à l'infini. Il se représente avec un rire qui pousse la torsion de son visage jusqu'à la douleur et l'inhumain.
    On imagine facilement que certaines situations tragiques vécues par ce personnage-artiste dans les toiles font référence à des extrémisme et autres aberrations du système chinois.
    Les peintures de Yue Minjun sont finalement hyper subversives, avec un traité réaliste, des couleurs très vives, une esthétique que je trouve proche du kitsch ; le mélange est explosif, original et donne du poids au message de l'artiste.
    The Execution, 1995

    Les relectures d'oeuvres

    Le sous-sol de la Fondation Cartier présente les références artistiques de Yue Minjun, à travers les relectures qu'il a fait de certaines oeuvres de la peinture occidentale : ils les détourne en remplaçant les personnages par son autoportrait au rire angoissant.

    Yue Minjun a aussi réinterprété des images de l'époque socialiste (représentations, événements...) en effaçant les personnages, laissant les décors ainsi vides.
    The Death of Marat, 2002

    La destruction de son autoportait

    Overlapping series, 2012
    La petite salle au sous-sol de la Fondation Cartier contient des tableaux et dessins dans lesquels Yue Minjun a malmené son portrait en le déformant, le recouvrant, le griffonnant, en expérimentant des traités différents. J'ai trouvé cela assez perturbant et déprimant, un peu comme la défaite du rire de l'artiste face à toutes les absurdités et horreurs dénoncées dans ces toiles ; la fin de l'exposition sonne comme un échec.


    Infos pratiques sur l'exposition "Yue Minjun, L'Ombre du Fou Rire" à la Fondation Cartier pour l'art contemporain :
    Durée de la visite : de 30 min à 1h
    Prolongations jusqu'au 24 mars
    Horaires : tous les jours, sauf le lundi, de 11h à 20h, nocturne le mardi jusqu´à 22h
    Tarif : 9,50 € / TR : 6,50 €

     Constance Jacquot

    dimanche 25 novembre 2012

    Avis sur l'expo de Fabrice Hyber "Matières premières" au Palais de Tokyo

    Avis sur l'expo de Fabrice Hyber "Matières premières"  au Palais de Tokyo : est-elle à voir ou non ?
    A voir : c'est une claque d'inventivité et de créativité !

    Fabrice Hyber (né en 1961) est en perpétuelle création. Les oeuvres présentées dans cette exposition du Palais de Tokyo montre ce processus de matérialisation des idées et d'hybridation d'idées.

    L'installation de l'expo est originale et significative. Les salles présentent chacune un pan du travail actuel ou passé de Fabrice Hyber, autour d'un thème ou d'un objectif. Elles sont surplombées d'une passerelle qui les relie (en faisant le tour de l'expo) et nous permet d'adopter un nouveau point de vue sur les oeuvres (d'en haut) et de les voir comme des ensembles, des paysages.

    La première salle contient des peintures "homéopathiques", travaux préparatoires de l'exposition composés de dessins, collages, annotations, coups de pinceaux. Préparatoire au travail de Fabrice Hyber, mais aussi pour préparer le spectateurs à ce qu'il va voir, l'introduire dans l'oeuvre d'Hyber "en douceur" grâce au format encore conventionnel, en 2D.


    Un mètre carré de rouge à lèvres
    Un mètre carré de rouge à lèvres est un panneau de bois d'1m2 recouvert de rouge à lèvres. J'ai aimé l'utilisation d'un support géométrique, stricte, rationnelle, avec un médium sensuel et tendre, le rouge à lèvres.
    Les cartels sont très créatifs aussi, simplement écrits au mur. Je suis habituée des expos d'art contemporain et quand bien même cette idée de présentation m'a beaucoup surpris.

    La deuxième salle nous fait rentrer physiquement dans les oeuvres. La première est intitulée Les linges. Les draps sont légers, on peut les toucher et se les approprier.


    La deuxième oeuvre, Climat, fonctionne sur le même principe : les frigidaires contenus dans cette petite pièce peuvent être modulés à souhait.

    La troisième salle de l'expo de Fabrice Hyber est un espace éclectique, avec des aliments, des maisonnettes dans lesquels il faut pénétrer, de l'argent, des oeuvres.


    L'oeuvre au concept le plus étonnant est pour moi La maison des vents : lorsqu'on ouvre la porte, le vent se déchaîne à l'intérieur. Fabrice Hyber a enfermé dans une maison cet élément naturel violent sans en réduire la puissance.

    Informations pratiques sur l'expo de Fabrice Hyber "Matières premières" Palais de Tokyo :
    Jusqu'au 7 janvier 2013
    Ouvert de 12h à 00h tlj sauf mardi
    Durée de la visite : selon l'intérêt, 20 à 45 min
    Les tarifs du Palais de Tokyo on bien augmentés : plein tarif 10€, tarif réduit 8€, gratuit pour les -18 ans, les demandeurs d'emploi

    Le Tokyopass vaut vraiment son prix car on ne peut pas voir tout le Palais de Tokyo en une seule visite ! De 10 à 35€ selon les tarifs.