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samedi 2 août 2014

Pop, fun et coloré : la rétrospective Martial Raysse au Centre Pompidou

La rétrospective de Martial Raysse organisée dans les galeries du Centre Pompidou est l'expo divertissante de l'été, riche, variée, esthétiquement belle et bien climatisée.

Sa carrière des années 60 à aujourd'hui se découvre à travers 200 œuvres dans un étonnant foisonnement créatif. Martial Raysse a matérialisé son regard sur la société contemporaine par le moyen de peintures, sculptures, installations, films, avec des supports et des techniques détournés individuellement ou combinés entre eux.

Portrait à géométrie convexe - 1964
La toile est convexe car plus épaisse dans 2 angles
Raysse Beach - 1962
Installation "balnéaire" à l'époque où les loisirs ne cessent de croîtrent
Tableau cassé - 1964
Par le titre, Martial Raysse donne plus d'importance au support qu'au sujet
La surface des eaux - 2009
Graphite, aquarelle, papier, bois, miroir
Triangle - 1973-74
Trois morceaux de bois peint dont la sobriété et l'abstraction prennent au dépourvu
Identité, maintenant vous êtes Martial Raysse - 1967
Installation vidéo qui projette en directe ce qui est devant l'oeuvre


A côté des peintures éclatantes et monumentales, la galerie de sculptures farceuses de Martial Raysse

L'entrée est chère (13€ / 10€ en TR) mais cette expo vaut la peine et en met plein les yeux. La visite est calme et l'amplitude des horaires d'ouverture permet d'éviter l'affluence, mais de toutes façons les grandes salles immaculée de Beaubourg se prêtent très bien à la foule.

Martial Raysse est un artiste autodidacte pop art avec une grande influence des nouveaux réalistes. Les couleurs sont franches et vives, il sublime des objets de consommation courante sans valeur tels que des emballages, des néons. Une mouche se glisse de temps à autre sur un tableau, comme pour nous rappeler l'éphémérité et la putréfaction.

Arbre - 1959-60
Assemblage d'emballage et objets divers
America America - 1964
Life is so complex - 1964
L'espace de l'oeuvre est fluctuant pour gêner la perception du spectateur

La France verte - 1963
Avec une mouche collée sur le front


L'exposition s'ouvre sur les toiles les plus connues de Martial Raysse, réécritures d’œuvres de grands maîtres par combination de peinture et de sculpture. Les oeuvres originales sont dénaturées par le style kitsch totalement pop art. J'ai vu dans ce geste la volonté de ramener à nous la culture classique.

Made in Japan - La Grande Odalisque - 1964
d'après Ingres
Suzanna, Suzanna - 1964
d'après Tintoret
Dans la partie supérieure gauche vide de la toile est projetée un petit film du vieillard qui guette Suzanne (mis en scène par raysse, joué par Arman)
Made in Japan - 1963

Re mon cher maître - 2007

Les dernières salles présentent ses peintures monumentales, comme cette scène grandiose où l'action se déroule dans le microscopique comme le macroscopique, enfermée dans une pièce de 9 mLa Folie Antoine (1999).



Pour en parler alors qu'en fait on était à la plage :


  • Je trouve toujours très intéressant d’avoir l'opportunité d'embrasser ainsi toute la carrière d'un artiste, surtout dans le cas de Martial Raysse dont la production a été extrêmement varié et qui est encore vivant et nous surprendra peut-être.
  • Tu devrais y aller, tu reconnaîtras certainement une partie des oeuvres, les thèmes sont faciles à identifier, et en plus, esthétiquement, c'est facile d'accès.
  • Savais-tu que Martial Raysse a aussi fait de la vidéo ? C'est totalement à l'image de ses peintures, kitsch voire psychédélique.

Et une dernière, parce qu'elle est drôle :

Salauds - 1974

Informations pratiques sur l'exposition Martial Raysse au Centre Pompidou :


Jusqu'au 22 septembre
Ouvert de 11h à 21h, le jeudi jusqu'à 23h - Fermeture le mardi
13€ / TR 10€

Durée de visite : 1h30

Constance Jacquot

dimanche 10 novembre 2013

La fondation Miró de Barcelone, immersion complète dans l’univers de l’artiste

La fondation Miró de Barcelone est un espace d’exposition exceptionnel et impressionnera les passionnés de culture par son histoire et son ampleur.

Les amateurs de l’artiste ressortiront comblés, mais il nécessaire d’avoir des notions artistiques ou tout simplement une certaine ouverture d’esprit pour accepter et apprécier les œuvres de Miró lorsqu’on est novice, au risque de passer à côté de la beauté de ses œuvres et de n’y voir que des dessins puérils. Miró est l’un des plus grands artistes catalans et provoque des réactions fortes, soit on adore, soit on déteste, à la manière de la grande figure artistique de Barcelone, Gaudì.

La Fondation Miró ©Pere Pratdesaba

Miró s’est attaché tout au long de sa carrière à assurer la transmission de son travail et à conserver une importante collection personnelle, qu’il a centralisé dans cette fondation privée. Ouvert en 1975, alors qu’il n’y avait pas de centre d’art contemporain à Barcelone, cet établissement fait figure de pionnier et consacre depuis son espace d’exposition temporaire à un artiste vivant.

La fondation Miró de Barcelone est un voyage exhaustif dans son œuvre, de manière chronologique et thématique, qui complété par l’audio guide (5 €) permet de comprendre les étapes de son travail et de décrypter son œuvre.

Miró a travaillé plusieurs techniques, support et styles. De salle en salle sont présentés alternativement ses toiles, dessins, tissages, impressions, peintures, sculptures. Son œuvre appartient principalement à l’expressionnisme abstrait mais on découvre aussi quelques pièces figuratives. Cela représente une masse d’informations passionnantes mais difficile à ingérer en une seule visite (certains pourront reprocher le manque de synthèse du parcours), j’y suis restée 2h et je n’ai pas tout vu.

La visite est en tout cas très agréable car l’affluence est faible en basse saison (mais beaucoup plus importante en haute saison, m’a-t-on dit) et le bâtiment lui-même vaut d’être vu, pour son architecture originale et les sculptures disséminées sur les terrasses et dans les jardins. Situé sur le Montjuïc, colline à l’est de la ville sur laquelle équipements olympiques modernes côtoient des villes pierres, on y profite d’une imprenable vue sur Barcelone.

Personnage 1970
© Pere Pratdesaba
Le toit de la Fondation Miró
La Famille 1924
Peinture Figures Rythmiques 1934

Infos pratiques pour visiter la fondation Miró de Barcelone :


Durée de visite : de 1h à la journée pour les plus mordus !
11 € / TR 7 €, c’est cher mais ça les vaut vraiment ( l’entrée est inclus dans certains passion de la ville notamment le très bon Articket, 6 musées pour 30€)
De 10h à 19h sauf lundi (jusqu’à 20h l’été), nocturne jusqu’à 21h30 le jeudi, fermeture à 14h30 le dimanche.

Plus d’informations : Site de la fondation Miró

Constance Jacquot
Article publié sur Mother Shaker

samedi 21 septembre 2013

La rétrospective Roy Lichtenstein au Centre Pompidou

L'exposition Roy Lichtenstein au Centre Pompidou est à ne pas manquer : vous sortirez des sentiers battus en découvrant l’œuvre de ce peintre très connu du grand public dont les tableaux appartiennent à l'"imagerie collective".

Aucun excuse pour la rater, le Centre Pompidou est ouvert jusqu'à 23h !

Roy Lichtenstein est irrémédiablement associé, et à juste titre, à cela :
M-Maybe de Roy Lichtenstein, 1965
C'est là que vous vous dites "Mais oui, bien sûr, je connais". La réalité est que vous ne connaissez que la part iconique de sa carrière. L'exposition Roy Lichtenstein est en cela destiné à tous les publics, c'est la sortie culturelle agréable et facile pour tout le monde, qu'on soit amateur d'art ou non. Les pièces sont jolies, au sens esthétique commun, et compréhensibles. L'artiste a beaucoup parlé de son travail et les citations sont nombreuses sur les cartels ; ce procédé rend très vivante l'apprentissage des œuvres.

Le Centre Pompidou nous offre une rétrospective très bien structurée dans laquelle nous sommes guidées à travers les différentes périodes et thèmes, sans risque de nous perdre.

Des tableaux iconiques de Roy Lichtenstein


Oh, Jeff... I love you, too... But... - 1964
Au début de sa carrière, Lichtenstein peint du figuratif et du naïf, et se tourne vers l’expressionnisme abstrait. Il met rapidement en place le procédé qui le rendra célèbre : il utilise un sujet publicitaire ou tiré d'une BD, agrandit et recadre l'image pour la reproduire avec la texture industrielle et plate du format d'origine. Il assume cette fascination pour les couleurs criardes et les visuels commerciaux, ainsi que l'utilisation d’acrylique, peinture plutôt bas de gamme. Le motif des points est complètement volontaire pour rappeler le grain laissé par l'impression de mauvaise qualité.

Lichtenstein a appliqué ce processus créatif pour ces célibrissimes tableaux de femmes, tirées de l'imagerie collective de la jeunes femmes glamour et fragile débordante d'émotion vis-à-vis de son homme.


Aux peintures les moins connues


L'exposition du Centre Pompidou nous permet de découvrir par exemple la série des brushstrokes, qui représente des coups de pinceau agrandis, devenant ainsi sujet de l’œuvre, comme une hymne à la peinture.
Brushstrokes - 1965

Lichtenstein a, après la peinture, représenté l'art comme sujet, avec des réécritures d'oeuvres de Picasso, Mondiran, Matisse... Au-delà de ces séries, on trouve aussi beaucoup de référence à l'histoire de l'art dans ces tableaux, comme les vagues d'Hokusaï qui sont placées dans un paysage.
Drowning Girl - 1963 (la mer d'Hokusaï, non?)

Autre découverte intéressante de Lichtenstein : le nu féminin. Il applique son style extrêmement aseptisé pour représenter des femmes aux corps lisses et parfaits mais sans le moindre érotisme.

Lichtenstein a aussi été sculpteur


La grande découverte de cette expo sont pour moi les sculptures de Lichtenstein, des volumes ou des représentations 2D comme des peintures découpées, toujours en appliquant son trait, ses points sérigraphiés et ses couleurs ; la transposition est d'ailleurs étonnante.
Cup and saucer - 1977



Blonde - 1965
A chaque exposition, le Centre Pompidou propose un petit album pour 9€, encore une fois bien fait, synthétique et avec de larges visuels et un texte digeste.

Les phrases pour se la raconter :

  • "2/3 des oeuvres du Centre Pompidou sont inédites par rapport à l'exposition de la Tate"
  • "On apprend à décrypter ce peintre hyperpopulaire qu'on pensait connaître à tort."
  • "Il nous montre la force des images, et c'est une problématique qu'on a pas fini d'aborder" 

Infos pratiques sur l'exposition Roy Lichtenstein au Centre Pompidou :


Jusqu'au 4 novembre
La densité de visiteur est très correcte et la visite donc très agréable, le Centre Pompidou est ouvert jusqu'à 23h tous les soirs sauf le mardi
Durée de visite : 1h
13€, TR 10€ / 11€, TR 9€, selon période



Constance Jacquot



lundi 5 août 2013

Simon Hantaï au Centre Pompidou, une nouvelle vision de l'artiste

Le Centre Pompidou propose une exposition riche d'apprentissage du peintre Simon Hantaï avec des œuvres complètement différentes qui celles que nous avons l'habitude de voir dans les collections des musées d'art moderne.

Les œuvres emblématiques de Simon Hantaï


Hantaï est surtout connu pour ses peintures avec des techniques de pliage qui occupe la majeure partie des collections, de sa carrière et de l'exposition. La toile est pliée avant d'être peinte, il ne maîtrise donc pas le résultat final avant le dépliage : le processus créatif se fait à l'aveugle.
Il a décliné la techniques en plusieurs variantes à l'origine de plusieurs séries, les "mariales", les "meuns" et les "tabulas".

Meuns de Simon Hantaï, 1967-68

Tabula de Simon Hantaï, 1980

Les nouages, froissages, pliages étaient complétés par des retouches à postériori pour modifier l'équilibre entre le peint et le non-peint.

Mon avis

J'ai été déçu d'apprendre que Simon Hantaï avait recours à ce procédé ; le résultat passe pour incontrôlé, laissé au hasard, mais on découvre qu'il ne l'est pas, et la toile ne rend pas hommage à l'ampleur du travail. Je n'ai pas compris le sens de la répétition de cette même technique, qui varie certes à chaque fois, mais qui a lourde tâche de définir chaque tableau.

A la découverte de Simon Hantaï : son œuvre "de jeunesse"


L'exposition du Centre Pompidou demeure néanmoins riche d'apprentissage : j'ai pu y admirer pour la première fois son travail de jeunesse alors qu'il appartenait au groupe surréaliste, tout en interprétant leurs techniques.

Œuvre sans titre de la période surréaliste de Simon Hantaï, 1951

Une période gestuelle a suivi, très inspirée de Pollock et de Georges Mathieu, en négatif de leur technique puisque chez Hantaï les couches de matières et de peinture son grattée pour créer le tracé.

Peinture de Simon Hantaï de la période gestuelle, 1953

Ces travaux l'amenèrent à l'expérimentation des petites touches et des écritures, et nous laisse cette œuvre surprenante et immense qui a nécessité un an de travail, alterné sur les 2 panneaux dans une commune gestation.

Ecriture rose et A Galla Placidia de Simon Hantaï, 1958-59

L'exposition Simon Hantaï au Centre Pompidou est une belle opportunité pour les fans du peintre et les amateurs d'art de compléter leur culture par la connaissance des pans très différents qui ont composé la carrière de ce peintre. De plus, les toiles sont grandes, il est facile de se faire un avis, et l'exposition est agréable car peu fréquentée : une bulle de détente dans un Beaubourg toujours bien occupé avec l'exposition Roy Lichtenstein.

Infos pratiques sur l'exposition Simon Hantaï au Centre Pompidou :


Jusqu'au 2 septembre 2013
De 11h à 21h sauf le mardi, jusqu'à 23h le mardi
Durée de visite : 35 min à 1h
Tarif : 13€, TR 10€ / 11€, TR 9€ selon la période, je vous recommande le pass à 22€ pour les -26 ans et sinon 48€

Constance Jacquot

vendredi 12 avril 2013

Avis sur l'exposition " Linder, femme/objet " au musée d'Art Moderne de la ville de Paris

Avis sur l'exposition "Linder, femme/objet" au musée d'Art Moderne de la ville de Paris : est-elle à voir ou non ? Je ne la classerais pas parmi les must-see de la saison.

L'exposition présente plusieurs facettes du travail de Linder : photographies et photomontages principalement, mais aussi mode, musique et vidéo. La rétrospective est ainsi complète et permet d'embrasser toute la carrière de l'artiste, on découvre ces premièrs travaux composés d'images découpées dans les magazines pour finir par les montages réalisés sous Photoshop.

Linder a investit la scène artistique à l'époque où émergeait le punk (76-77) et a logiquement utilisé son art dans un but contestataire. Tout son travail est trempé de féminisme, son combat, et dénonce la femme utilisée et écrasée par la société. La femme ultra-érotisée, à laquelle nous sommes habitués dans les médias et particulièrement la publicité, et que nous remarquons à peine, est isolée de son contexte pour apparaître dans toute sa violence et est mise en scène de façon ridicule avec ses objets du quotidien.


Linder, Sans titre, 1976
 
Linder, Sans titre, 1976
 
Linder, Sans titre, 1976

L'oeuvre de Linder et son message sont clairs et percutants, j'irai même jusqu'à dire qu'il manque de subtilité. Son travail a quelque chose  de trop évident, de trop facile, nous sommes quotidiennement confrontés aux visuels qu'elle utilise et détourne et à ses idées féministes certes fondamentales (l'ultra érotisation, la soumission ménagère, etc) mais rabachées. Peut-être que ce point de vue vient du fait que j'appartiens à une génération qui a toujours entendu ces contestations, des personnes plus âgées auront certainement un autre regard.
Enfin, le mieux est encore d'écouter Linder parler de son travail :

LINDER Femme/Objet par paris_musees

Néanmoins, cela rend l'exposition accessible à tous (sauf les enfants, certains travaux sont très érotiques), même ceux qui n'ont pas l'habitude des musées ; le procédé de collage est plutôt ludique.

Linder, Revolutionary hardcore, Formula IX, 2010

Linder, Sans titre, 1977

Au-delà du contenu, l'exposition " Linder, femme/objet " est très agréable à visiter : elle se déroule au premier étage du musée d'Art Moderne de la ville de Paris, il y a peu de monde et la scénographie est spacieuse avec certaines thématiques d'oeuvres masquées par des rideaux qui rendent la surprise complète et le choc plus important ! En plus, cette exposition n'est vraiment pas chère : 6€ !

Le catalogue de l'exposition Linder est très sympa, sous forme de magazine, on y retrouve pour 24€ toutes les oeuvres de l'exposition qui au-delà de leur portée sont tour à tour drôles, esthétiques et renvoient facilement à des souvenirs personnels.

Infos sur l'exposition "Linder, femme/objet" au musée d'Art Moderne de la ville de Paris :
Jusqu'au 21 avril 2013
Durée de visite : 45 minutes
Du mardi au dimanche de 10h à 18h, jusqu'à 22h le jeudi
Tarif : 6€ / TR : 3€

mardi 12 mars 2013

Avis sur l'exposition "Sous influences, artistes et psychotropes" à la Maison Rouge

Avis sur l'expo "Sous influences, artistes et psychotropes" à la Maison Rouge à Paris : est-elle à voir ou non ? C'est une excellente occasion de découvrir ce lieu d'exposition parisien du quartier de Bastille, qui est en fait une fondation privée créée à l'initiative du collectionneur Antoine de Galbert en 2004.

Peut-être moins connue d'autres lieux parisiens (d'ailleurs, c'est la première fois que je m'y rendais), cette fondation n'a rien à envier à ses consœurs parisiennes et autres musées plus connus et nous le montre avec cette exposition "Sous influences, artistes et psychotropes" longue, riche, intéressante et accessible à un très large public.

Swinging Corridor de Carsten Höller
Cette exposition de la Maison Rouge présente les travaux d'artistes drogués qui avaient le soucis de transmettre en termes plastiques l'expérience intime de la prise de substances et de ses conséquences.
Le passage entre le hall d'entrée et l'exposition est matérialisé par le Swinging Corridor de Carsten Höller, long couloir sensé prodigué une expérience sensorielle qui fait perdre au visiteur qui la traverse ses repères... Cet effet là n'est vraiment pas réussi, mais la pièce fait office de sas.

A l'entrée brûle de l'encens au parfum d'opium... sauf le jour où j'y suis allée, un dimanche après-midi de forte influence durant lequel l'encens n'avait pas été rallumé.


On découvre au fil des pièces des travaux d'artistes drogués notoires (Cocteau, Artaud, Picabia...) justement "sous influence", des pièces évoquant la consommation de stupéfiants, avec un point de positif ou négatif sur cet acte, des photos représentant justement cette acte de consommation... Malgré sa richesse, j'aurai aimé mieux comprendre le lien entre les effets physiques des drogues, à travers le prisme scientifique (cette part manquait), et l'expression des effets ou du manque de façon plastique.
Yayoi Kusama

American Express de Raymond Hains

Néanmoins, on peu féliciter l'effort de la Maison Rouge de fournir un guide visite de "Sous influences" très complet, pièce par pièce, et d'avoir créer une scénographie à la circulation facile même un jour d'affluence.

Infos pratiques sur l'exposition "Sous influences, artistes et psychotropes" à la Maison Rouge :
Durée de visite : facilement 1h
10, bd de la Bastille (M° Quai de la Rapée)
Ouvert du mercredi au dimanche de 11h à 19h
Nocturne le jeudi jusqu’à 21 h
Tarif : 8 € / TR 5,5 €

Constance Jacquot

vendredi 22 février 2013

Avis sur l'exposition Salvador Dali au Centre Pompidou

L'exposition Dali se termine en apothéose avec un week-end d'ouverture 24h/24 du vendredi 22 mars à 11h au lundi 25 mars à minuit.

Avis sur l'exposition Salvador Dali au Centre Pompidou : est-elle à voir ou non ? A VOIR absolument, profitez de ce dernier mois d'exposition (jusqu'au 25 mars).

Évidemment, il y a encore beaucoup de monde dans les salles de l'exposition Dali, mais rien à voir avec l'affluence record et effrayante des premières semaines : on peut sereinement s'y rendre n'importe quel soir de la semaine sans acheter son billet en avance.

La scénographie de l'exposition est très bien pensée pour accueillir beaucoup de monde à la fois. Il s'agit d'un grand espace avec des plusieurs modules au centre pour créer la circulation au milieu des oeuvres et des thèmes.
Le choix des oeuvres est très large et permet vraiment de découvrir tout Dali, à travers ses différentes périodes et medium, avec ses peintures majeures aussi bien que ses participations publicitaires et performances en vidéo. On regrette simplement le manque d'explications pour accompagner l'exposition, alors que son contenu est plutôt destiné au grand public et adapté aux novices. Néanmoins, le catalogue est un ouvrage de référence sur l'artiste pour 44,90 €.
 



Une salle isolé présente une installation baroque filmée en vidéo et projetée en temps réelle dans laquelle les visiteurs peuvent s'introduire et donc évidemment se voir. Ca ne m'a pas vraiment plu mais c'est bien la preuve de la volonté du Centre Pompidou de faire de l'exposition Dali une découverte exhaustive et ludique de l'artiste.

Quelques clés pour comprendre l'artiste :
  • L'âne, souvent pourri, est très présent et renvoie au fantasme de mort. Les cyprès aussi sont le symbole du repos éternel, mais c'est le cas de nombreux peintres.
  • Les protubérances molles sont souvent soutenues par des béquilles : c'est une façon pour Dali d'imager ses problèmes d'impuissance.
  • La cuillère est une extension du corps humain. Anecdote : Dali s'endormait avec une cuillère dans la main, ainsi quand il sombrait elle tombait et le réveillait, il pouvait alors réutiliser ses rêves frais dans son travail.
  • Les fourmis renvoient au pourrissement et à la mort.

  • Le lion symbolise la puissance en contraste avec l'impuissance de Dali. Et il est souvent représenté de façon inquiétante...
  • La moustache, attribut physique symbole de l'excentricité de Dali.

Infos pratiques sur l'exposition Salvador Dali au Centre Pompidou
Jusqu'au 25 mars 2013
Temps de visite : 1h est suffisant, ou beaucoup plus...
Ouvert de 11h à 23h tous les jours sauf le mardi
(Accès dès 9h30 pour les visiteurs munis de billets)
Tarif 13€ (accès aux collections permanentes inclus), TR 10-11€
Le passe annuel est à un tarif très intéressant : 22€ par an pour les - 26 ans

dimanche 6 janvier 2013

Avis sur le musée du Bauhaus à Berlin

Avis sur le musée du Bauhaus à Berlin : est-il à voir ou non ? Absolument, qu'on soit fan ou novice.

Le musée du Bauhaus de Berlin a pour vocation de faire découvrir cette école qui a marqué l'histoire du design malgré sa courte existence de 1919 à 1933 ainsi que ses créations. Il est construit de façon très didactique et même ceux qui ne connaissent pas le Bauhaus apprendront à aimer ces artistes complets.

Le fonctionnement et le cursus de l'école Bauhaus sont présentés à travers les thèmes et travaux abordés dans chaque classes. Les techniques sont variées : sculpture, peinture, étude de la couleur, mécanique, fonderie, céramique, design, architecture, maquettage... et témoigne de la polyvalence qui ont permis l'excellence des productions de l'école, de ses élèves et ses enseignants, notamment des plus célèbres : Klee, Kandinsky, Gropius...
Le cycle de production d'un travail est compréhensible dans son ensemble grâce à la présence des dessins d'étude préparatoires aussi bien que des objets finis.

La scénographie est très bien pensées car énormément de pièces sont présentés dans une espace relativement restreint à la circulation organisée par des pans de mur. Chaque étape du cursus de l'école Bauhaus et chaque technique sont abondamment expliquées en allemand et en anglais, tout comme les pièces phares exposées.

Même le bâtiment du musée du Bauhaus est une pièce de collection en lui-même, dessinée par Gropius, avec son long chemin d'accès en serpentin.

Informations pratiques sur le musée du Bauhaus de Berlin
Ouvert de 10h à 17h tlj sauf mardi
Tarifs : lundi + week-end = 7€/4€   |   mercredi à vendredi = 6€/3€
Audioguide gratuit en anglais, français, italien, chinois et d'autres langues
Durée de visite : 1h

Constance Jacquot

Avis sur le musée Jean Cocteau à Menton

Avis sur le musée Jean Cocteau à Menton : est-il à voir ou non ? J'ai été déçue, à réserver plutôt aux inconditionnels de son théâtre et de son cinéma.

Le musée Cocteau est composé du Bastion, partie la plus ancienne qui abrite ses peintures et céramiques de l'artiste, autour du thème du couple, avec de nombreuses figues monstrueuses. C'est onirique et très coloré et m'a beaucoup plus, malheureusement peu d'oeuvres sont présentées.
Ce musée a été réalisé par Cocteau lui-même juste avant sa mort, il a notamment réalisé les mosaïque qui orne le bastion.



La partie récente du musée a ouvert en novembre 2011 grâce à la donation d'un collectionneur passionné de Cocteau, Séverin Wunderman. Sur les 1800 pièces données (dont 990 de Cocteau), 200 sont accrochées et tournent, dans un magnifique bâtiment dessiné par l'architecte Rudy Ricciotti. Ce design est pour moi l'attrait principal du musée, aussi étonnant de l'extérieur que de l'intérieur. Dans le décor assez traditionnel de Menton, surtout qu'il est situé en face du vieux marché couvert, il donne un coup de modernité de façon très esthétique. A l'intérieur, on voit le ciel bleu à travers les fissures des vitres dans le marbre.

La collection du musée Cocteau présente beaucoup d'oeuvres autour du cinéma et du théâtre : dessins, photos, extraits de film, dont beaucoup sont consacrées à Sarah Bernhardt et Jean Marais. J'ai été déçue de ne pas voir plus de travaux préparatoire de Cocteau, comme des croquis de décors ou de costumes, ainsi je pense que seront surtout intéressés les passionnés de cinéma.
La visite s'est donc fait rapidement pour moi, en 45 minutes, et j'ai trouvé le prix assez élevé : 6€ ou 3€ en TR. Au moins, c'est un espace d'exposition très calme (même pendant les vacances).

Informations pratique sur le musée Jean Cocteau à Menton
Ouvert de 10h à 18h, nocturnes en juillet et août le vendredi jusqu’à 22h

Constance Jacquot